Jean-Marie Le Pen au siège du FN lundi.
Jean-Marie Le Pen au siège du FN lundi. © IP3PRESS/MaxPPP

La direction du Front national a suspendu lundi Jean-Marie Le Pen de la formation et convoqué une assemblée générale extraordinaire pour le priver de son titre de président d'honneur. Jean-Marie Le Pen dénonce "une felonie".

L'annonce en a été faite à l'issue d'une longue réunion du bureau exécutif convoquée après des déclarations polémiques du fondateur du FN à un hebdomadaire d'extrême droite qui ont déclenché une guerre ouverte avec la présidente du parti, sa fille Marine Le Pen.

Jean-Marie le Pen a dénoncé dans la soirée sur iTELE une "félonie" :

Je souhaite que la présidente du Front national se marie le plus tôt possible pour ne pas garder le même nom que moi. e suis toujours président honoraire, adhérent suspendu, c'est une solution bâtarde (...) Les Français vont peut-être penser qu'il y a des choses plus importantes à faire que de changer de nom ou de changer de références.

Jean-Marie Le Pen avait refusé de s'expliquer devant le bureau exécutif, quittant le siège du parti qu'il a fondé en début d'après-midi à l'issue d'un bureau politique durant lequel il a été, selon ses propres mots, "désavoué". Sur l'antenne d'Europe 1 ce mardi, le fondateur du Front national est allé plus loin, en se déclarant opposé "pour l'instant" à une victoire à l'Elysée de sa fille Marine, jugeant que ce serait "scandaleux".

"Rénovation des statuts"

"Le bureau exécutif a constaté à la majorité de ses membres la nécessité de supprimer l'article 11 bis des statuts du Front national relatif à la présidence d'honneur", avait indiqué lundi soir le Front national dans un communiqué.

L'assemblée générale extraordinaire, organisée dans un délai de trois mois, proposera aux militants une "rénovation plus complète des statuts" en vue de permettre au "mouvement modernisé dans son fonctionnement, perfectionné dans son organisation", d'aborder les échéances électorales dans "d'excellentes conditions".

En attendant, "le bureau exécutif a décidé, conformément à l'article 19, de suspendre le président d'honneur de sa qualité d'adhérent, jusqu'au vote de ladite assemblée générale extraordinaire", conclut le communiqué.

Stratégie de "dédiabolisation"

Par ces décisions, les dirigeants du FN cherchent à éviter que les provocations de Jean-Marie Le Pen, 86 ans, n'écornent la stratégie de "dédiabolisation" engagée par Marine Le Pen, qui a succédé à son père à la tête du parti d'extrême droite en 2011.

Tout au long du week-end, ils ont martelé le même message : Jean-Marie Le Pen ne peut parler au nom du FN et engager le parti lorsqu'il réitère ses propos sur les chambres à gaz nazies, "détail" de l'Histoire selon lui, comme il l'a encore fait mi-avril.

La dynastie Le Pen
La dynastie Le Pen © Radio France
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