Après François de Rugy, c'est au tour de Jean-Vincent Placé d'annoncer qu'il quitte EELV
Après François de Rugy, c'est au tour de Jean-Vincent Placé d'annoncer qu'il quitte EELV © MaxPPP/IP3/Vincent Isore/

Le président du groupe écologiste au Sénat Jean-Vincent Placé a annoncé vendredi qu'il quittait le parti Europe Écologie-Les Verts. Hier, François de Rugy avait également annoncé son départ. Les écologistes sont en plein délitement.

"C'est un astre mort, une structure morte qui donne aujourd'hui une vision caricaturale et politicienne de l'écologie". C’est en ces termes que Jean-Vincent Placé parle de son désormais ex-parti politique, Europe Écologie-Les Verts. L’ancien président du groupe écologiste au Sénat, fervent allié de François Hollande,a quitté le parti, "trop gauchiste" selon lui.

"EELV se fourvoie dans une dérive gauchiste, comme François de Rugy l'a indiqué", a également déclaré le sénateur de l'Essonne, qui s'en prend lui aussi aux alliances passées avec le Front de gauche dans certaines régions avant les élections régionales (6 et 13 décembre).

Si les écologistes ont choisi dans toutes les régions de se présenter en autonomie vis-à-vis du PS au premier tour des régionales, en ce qui concerne les régions Nord-Pas-de-Calais/Picardie et PACA, le choix fait débat chez les cadres du parti. Certains pensent qu’une alliance avec le parti de Jean-Luc Mélenchon est indispensable pour faire front au FN. Une position vivement contestée par Jean-Vincent Placé, qui a finalement décidé de claquer la porte. Pour lui, seule une alliance avec le PS pourrait permettre de stopper le FN

Vers une la création d'un nouveau parti ?

François de Rugy (EELV)
François de Rugy (EELV) © Max PPP / Max PPP

Jean-Vincent Placéa annoncé la création d'un mouvement écologiste réformiste avec François de Rugy et des membres de Génération Ecologie et du Mouvement démocrate, comme Jean-Luc Benhamias. De son côté, l'ancien co-président a salué la décision de son collègue, estimant qu'une "voie" était désormais "ouverte" et que d'autres départs suivraient "dans les mois qui viennent".

"Le mouvement de refondation autour d'un courant écologiste et réformateur est en marche et je crois que rien ne l'arrêtera", a déclaré l'élu de Loire-Atlantique depuis La Rochelle où il se trouve lors de l'annuelle l'université d'été du PS.

"Je suis un fidèle soutien du président de la République"

Dans une interview publiée sur le site du Monde, Jean-Vincent Placé a indiqué avoir "choisi son camp",__ "j e suis un fidèle soutien du président de la République. " Pour lui, les écologistes, seules ne pevent rien. Ils ne doivent donc pas se présenter à l'élection présidentielle de 2017. Les idées écologistes "ne peuvent pas être portées par une candidature croupion qui ferait 1 ou 2%", a-t-il dit.

Ces divergences mettent en danger la pérennité du parti. Plusieurs cadres ont quitté le parti, dont François de Rugy, co-président du groupe à l'Assemblée mais aussi la sénatrice Marie-Christine Blandin qui a été la seule écologiste à avoir été présidente de Région en Nord-Pas-de-Calais."L'envie de vivre ensemble est de moins en moins forte. On va voir comment les choses tournent", a avoué un élu, ajoutant qu'"il y a déjà eu plusieurs partis écolos".

Le sénateur de l'Essonne prône une "écologie réformatrice qui assume la mondialisation, qui est pour l'Europe fédérale, qui aime la République, qui aime la laïcité, qui bien sûr s'inscrit dans l'économie de marché et veut bien sur faire changer les choses".

La secrétaire nationale d'Europe-Écologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, a réagi à ces départs, assurant que les débats qui traversent actuellement le parti illustrent l'ensemble des fractures de la gauche actuelle. Elle a reconnu que la période était "difficile" pour les écologistes.

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jean vincent placé © Radio France
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