[scald=110691:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le député socialiste Arnaud Montebourg, qui a déclaré dimanche qu'un accord avec Europe Ecologie-Les Verts (EELV) pour les élections législatives n'était "pas écrit (...) à ce jour", dit "n'importe quoi" sous le coup d'une "forte amertume", a estimé lundi sur RTL le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé.

Cécile Duflot, secrétaire nationale d'EELV, a rappelé pour sa part sur i> TELE les socialistes à leurs engagements, soulignant qu'elle croyait à "la parole donnée".

Pierre Moscovici, directeur de campagne du candidat socialiste François Hollande, a assuré sur LCI qu'il n'y avait pas de raison de revenir sur l'accord signé.

Arnaud Montebourg, élu de Saône-et-Loire et représentant spécial de François Hollande dans la campagne présidentielle, a affirmé dimanche sur BFM TV-Le Point-RMC Info qu'"il n'est pas écrit que l'accord soit trouvé à ce jour" avec EELV pour les législatives de juin.

"C'est un accord qui pose un certain nombre de problèmes et de questions qui ont été pointées", a-t-il dit à propos de l'accord de mandature difficilement scellé en novembre dernier entre le PS et EELV.

Réponse de Jean-Vincent Placé lundi matin : "L'accord est signé".

"J'invite Arnaud Montebourg à regarder le site internet du Parti socialiste, parti qu'il connaît. Il verra sur ce site le texte de l'accord".

"Il avait dit il y a cinq ans, 'le problème de la candidate socialiste (Ségolène Royal-NDLR), c'est son compagnon (François Hollande-NDLR)'. Je ne sais pas s'il le pense toujours", a ironisé le sénateur écologiste de l'Essonne, qui a négocié le volet programmatique de l'accord de novembre avec le socialiste Michel Sapin.

"Arnaud est un type très brillant et très intelligent, il a une capacité quand même à dire régulièrement n'importe quoi", a-t-il poursuivi.

"LITTÉRATURE"

Pour l'élu écologiste, Arnaud Montebourg, en "féodal cumulard qu'il est devenu", laisse éclater une "forte amertume" quant à la répartition des circonscriptions législatives définie par l'accord PS-EELV. "Ça lui fait dire n'importe quoi".

Dès janvier, le "troisième homme" de la primaire d'investiture socialiste avait prévenu qu'il n'appliquerait pas l'accord, quitte à être exclu de son parti.

Arnaud Montebourg plébiscite une candidate socialiste pour la deuxième circonscription de Saône-et-Loire, qui est actuellement contrôlée par l'UMP et a été dévolue à un candidat d'Europe Ecologie-Les Verts, comme une soixantaine d'autres circonscriptions.

"Il y a des contradictions dans toutes les coalitions politiques, donc c'est normal qu'il y ait des discussions et des mises à plat, donc il y aura des discussions après les présidentielles pour préparer les élections législatives et je ne peux pas préjuger du résultat de cette discussion", a déclaré dimanche soir Arnaud Montebourg, qui prône par ailleurs un accord avec le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon, à 15% dans un sondage.

Le député n'est pas le seul, au Parti socialiste, à juger l'accord de novembre 2011 par trop généreux pour les écologistes dont la candidate à l'élection présidentielle, Eva Joly, n'est créditée que de 2% à 3% des intentions de vote.

"J'ai passé un accord avec la première secrétaire du Parti socialiste, qui s'appelle Martine Aubry, accord qui a été approuvé par celui qui est le candidat des socialistes. Pour le reste, c'est littérature", a martelé lundi Cécile Duflot.

"Je suis, sur ces questions-là, très à l'ancienne, je crois à la parole donnée", a-t-elle ajouté.

Pierre Moscovici a été catégorique sur LCI: "Je suis d'une formation très juriste, les accords sont faits pour être respectés, il n'y a pas de raison de revenir là-dessus, l'accord est signé".

Sophie Louet

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