[scald=223513:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Jérôme Cahuzac ne se laissera pas impressionner par les allégations de Mediapart affirmant que l'enquête judiciaire a validé un enregistrement accréditant l'idée que le ministre du Budget a disposé d'un compte bancaire en Suisse.

"L'enquête se poursuit. Jérôme Cahuzac en attend sereinement l'issue et ne se laisse pas plus impressionner aujourd'hui qu'hier ou demain par la présentation sous forme de prétendues informations de ce qui reste, et pour cause, de simples allégations", indique un communiqué transmis par l'avocat de Jérôme Cahuzac, Gilles August.

"Que trois témoins proches des accusateurs affirment avoir reconnu la voix de Jérôme Cahuzac sur un enregistrement non authentifié ne change rien au fait, lui authentifié, que la banque UBS a certifié auprès de ses autorités que monsieur Cahuzac ne détenait aucun compte chez elle, ni n'en avait fermé un en février 2010 contrairement à ce que Mediapart avait cru pouvoir affirmer", ajoute le texte.

Selon le site d'informations Mediapart, l'expertise de la police technique et scientifique indique que la bande n'a pas été manipulée et qu'il s'agit bien de la voix du ministre. Des témoins ont en outre authentifié l'enregistrement.

Le Parisien, daté du 15 mars, fait également état de vérifications positives.

Le parquet de Paris, interrogé par Reuters, a dit "ne faire aucun commentaire".

Le député UMP Bernard Debré a dénoncé un acharnement contre le ministre du Budget. "S'acharner sur Jérôme Cahuzac est lamentable. Laissons la justice aller jusqu'au bout", a-t-il dit sur i> TELE.

Sur cette bande, datant de la fin de l'année 2000, une voix attribuée à Jérôme Cahuzac déclare : "Ça me fait chier d'avoir un compte ouvert là-bas, l'UBS ce n'est quand même pas forcément la plus planquée des banques".

VERS LA NOMINATION D'UN JUGE ?

Cet enregistrement était en possession depuis douze ans de l'avocat Michel Gonelle, ex-rival politique de Jérôme Cahuzac dans le Lot-et-Garonne.

Le ministre nie avec force depuis trois mois, date des premiers articles de Mediapart, être la personne que l'on entend sur l'enregistrement, dont des extraits ont été diffusés.

Mais, selon le site d'information, l'expertise de la police technique et scientifique exclut une manipulation.

L'enregistrement aurait été en outre authentifié par trois témoins devant les enquêteurs de la Division nationale d'investigations fiscales et financières (Dniff), ajoute le site.

Toujours selon Mediapart, un détective ayant travaillé pour Patricia Cahuzac, l'épouse du ministre actuellement en instance de divorce, a assuré aux enquêteurs que sa cliente lui avait rapporté l'existence d'un compte en Suisse détenu par Jérôme Cahuzac. Ce que cette dernière n'aurait pas confirmé aux policiers, disant ne pas se souvenir de cette conversation.

Selon Le Parisien, ces investigations nourrissent un débat au palais de justice de Paris sur la nécessaire ouverture d'une information judiciaire, seule à même de permettre des investigations internationales suffisamment contraignantes pour percer le secret bancaire.

Le juge Guillaume Daïeff, chargé de l'instruction en cours visant l'évasion fiscale organisée par UBS, a écrit au parquet de Paris pour souligner qu'il ne serait "pas opposé à un réquisitoire supplétif" lui permettant d'élargir son instruction au ministre, précise le quotidien.

Une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale a été ouverte en janvier pour déterminer si le ministre a détenu dans les années 2000 un compte en Suisse, avant de le clôturer en 2010, comme l'affirme Mediapart.

Les autorités fiscales suisses ont transmis début février des informations aux services fiscaux français dans le cadre de l'enquête.

Le Journal du dimanche affirmait alors que ces informations avaient blanchi le ministre du Budget, excluant qu'il ait eu, depuis 2006, un compte bancaire à l'UBS à son nom ou à celui d'une société.

Mais, pour des raisons de prescription, les recherches n'ont pas porté sur les années antérieures à 2006, alors que l'enregistrement attribué à Jérôme Cahuzac date de 2000.

Gérard Bon, édité par Marc Joanny

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