Le député des Français de l'étranger s'est fait recadrer vertement par le chef de file des députés LREM, Gilles Le Gendre, après avoir rédigé un tweet sexiste destiné à une sénatrice. Réactions indignées de toutes parts, mais l'élu de 35 ans persévère. Quand le sens de la provocation tourne au ridicule.

Joachim Son-Forget se démarque par ses provocations, et ses vulgarités.
Joachim Son-Forget se démarque par ses provocations, et ses vulgarités. © AFP / FABRICE COFFRINI

Joachim Son-Forget n'est visiblement que très peu animé par l'esprit de Noël. C'est le soir du réveillon qu'il s'adresse à la sénatrice Europe Ecologie Les Verts, Esther Benbassa.

L'attaque est clairement sexiste. Dans Libération, il tente de justifier sa sortie par une volonté de faire le buzz. En amateur des réseaux sociaux, il aurait pourtant dû se méfier du "bad buzz".

La sénatrice, victime de son attaque, exige des excuses, se dit "indignée". Sentiment partagé par l'essentiel des internautes. 

Même la famille politique de Joachim Son-Forget n'en revient pas. Le patron des députés LREM dénonce des propos inadmissibles. Gilles Le Gendre, interpellé par de nombreux élus ou de simples internautes, a réagi. "Le bureau du groupe parlementaire se désolidarise de notre collègue à la suite de ses propos inadmissibles. Aucune controverse politique ne justifie de verser dans le sexisme et la vulgarité", a-t-il publié sur son compte Twitter.

Les mises en garde semblent indifférer Joachim Son-Forget. La réponse du jeune député de 35 ans à son "boss" est laconique, provocatrice.

Polémiste en série

Ce n'est pas sur les bancs de l'Assemblée nationale que Joachim Son-Forget s'est fait connaître. Mais plutôt via son smartphone (dont il a visiblement du mal à se séparer, si l'on se fie à la fréquence de ses tweets).

C'est d'abord en s'adressant (en toute modestie) à Donald Trump qu'il se fait réellement remarquer. Le 8 décembre dernier, il a des propos étonnants à l'adresse du président des États-Unis. Quoi que l'on pense du président Trump, le ton du député français étonne par sa vulgarité : "gâteux", "incontinence cérébrale", "la France kisses your ass" ("la France vous embrasse les fesses", en anglais fleuri).

Mais son tout premier fait d'arme remonte à septembre 2018. Le député des Français de l'étranger prend la défense du controversé et plus célèbre forain du pays, Marcel Campion, candidat à la mairie de Paris. Celui qui affirme lors d’une réunion publique : "Moi, j’ai rien contre les homos, d’habitude, je dis les 'pédés', mais on m’a dit hier qu’il fallait plus que je dise ça. Donc je ne dis plus les pédés, je dis les homos. J’ai rien contre eux, sauf qu’ils sont un peu pervers." Joachim Son-Forget ne considère pourtant pas ses propos comme homophobes, comme il le fait savoir sur Twitter.

Un personnage difficile à cerner

Le député LREM est l'une de ces nouvelles têtes dans le monde politique au profil indéfinissable : brillantissime par certains côtés, et "en même temps" totalement décalé.

Son CV est impressionnant : médecin spécialiste du cerveau, un master en recherche en sciences cognitives, grand amateur de clavecin, au point d'être invité dans le monde entier pour en jouer.

D'origine sud-coréenne, il a la nationalité française... et kosovare, qu'il a obtenue cette année à titre exceptionnel. Il se dit en effet passionné par l'héritage culturel et humain du Kosovo. Joachim Son-Forget parle aussi couramment hébreu.

"C'est un mec génial, proche du génie" disait de lui Emmanuel Macron en septembre dernier. Le problème, explique son collègue (également député des Français de l'étranger) Roland Lescure, c'est qu'"il s'est laissé emporter par l'ivresse de son élection"

Son siège à l'Assemblée nationale lui a vite semblé trop étroit. Il a déjà par deux fois été candidat à la tête du parti, malgré sa modeste expérience politique. Comme quoi, tout ne se gagne pas sur Twitter.

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