L'affaire Alexandre Benalla, du nom d'un collaborateur de l'Elysée identifié par Le Monde en train d'agresser un manifestant le 1er mai dernier, fait réagir la classe politique.

Alexandre Benalla (à droite), lors d'une visite du candidat Macron au Salon de l'Agriculture le 1er mars 2017
Alexandre Benalla (à droite), lors d'une visite du candidat Macron au Salon de l'Agriculture le 1er mars 2017 © AFP / Lionel Bonaventure

Selon l'Elysée, Alexandre Benalla a été mis à pied quinze jours sans salaire à la suite de ces violences. Une autre personne,  Vincent Crase,  gendarme réserviste et employé de LREM, a également écopé d'une telle sanction pour les mêmes faits et ne pourra plus collaborer avec la présidence de la République. Les sanctions annoncées n'ont pas empêché les attaques contre Emmanuel Macron ou son ministre de l'Intérieur. Extraits : 

Emmanuel Macron pointé du doigt

Olivier Faure, premier secrétaire du PS, s'étonne de la légèreté de la sanction chez nos confrères de France Info

"Si le président de la République a été informé, ce n’est pas normal qu’il ait considéré qu’une sanction de 15 jours de mise à pied suffise. J’attends que le président de la République s’exprime. Il ne peut pas faire la leçon à la terre entière et ne pas dire comment  il gouverne dans sa maison"

À droite, le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez a sommé Emmanuel Macron de "s'exprimer", demandant notamment s'il y a eu "des manoeuvres" pour "étouffer" l'affaire. 

"Il doit y avoir aujourd’hui bien évidemment des sanctions contre cet individu et aussi pour le directeur de cabinet qui a manqué à ses devoirs. (...) Ils se sont protégés les uns les autres en espérant que jamais personne ne le saurait ". 

Le porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu y a vu "un signal de déconnexion totale d'Emmanuel Macron et sa cour" avec les Français, estimant aussi que cette affaire "fait mal aux forces de l'ordre". 

Le député Les Republicains des Alpes Maritimes Eric Ciotti renvoie également la balle à Emmanuel Macron : 

Gérard Collomb dans le collimateur

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a annoncé avoir saisi l’IGPN, l'inspection générale de la police nationale, pour préciser les "règles d'encadrement des observateurs", lors des questions au gouvernement au Sénat ce jeudi, dans le cadre des violences exercées par Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet du président de la République au moment des faits. 

Plus tôt dans la journée, plusieurs politiques avaient directement dénoncé l'absence de réaction du ministre de l'Intérieur dans cette affaire. Pour le député France Insoumise Loïc Prud'homme, par exemple, le ministre de l'Intérieur doit maintenant  s'expliquer sur l'inaction de ses services après cette affaire : 

Une sanction inadaptée

Clémentine Autain, députée La France insoumise de Seine-Saint-Denis s'étonne de la légèreté de la sanction comparée à d'autres affaires

"On est dans une société où on peut condamner un syndicaliste parce qu'il a arraché une chemise d'un DRH (…), quand on accueille des migrants on est poursuivi par la justice, mais, par contre, quand on usurpe son identité pour frapper des manifestants, d'un seul coup, au sommet de l'Etat, les procédures qui devraient normalement avoir recours ne sont pas mises en œuvre." 

Nicolas Dupont Aignan, Député de l'Essonne et Président de Debout la France ne croit pas vraiment à la sanction

Ça n’est pas une sanction quand il est présent dans le bus de la Coupe du Monde (dans lequel les Bleus ont descendu les Champs-Elysées) ou au Panthéon (pour l'intronisation de Simone Veil)".

Que Macron s'exprime !

Pour le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron devrait s'exprimer s'il n'a rien à voir avec cette affaire :

"On peut imaginer qu'Emmanuel Macron ne soit au courant de rien, dans ce cas-là, il lui suffirait de paraître, de dire qu'il condamne absolument, de s'excuser et sans doute que l'on respirerait tous mieux parce que maintenant on se demande : Qui nous contrôle? Qui nous surveille ? Est-ce que celui qui a un uniforme a bien le droit de le porter où est-ce que c'est un usurpateur de l'Elysée ?"

Des réactions aussi du côté de la majorité mais plus timides

Pour la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, Alexandre Benalla a eu des "gestes absolument inadaptés".  Le député LREM Laurent Saint-Martin a estimé qu'Alexandre Benalla ne devait "plus travailler à l'Elysée" car "il a failli" mais reste dans les clous en estimant que l'Elysée a eu le "bon réflexe" en le rétrogradant rapidement. 

Sollicité lors d'un déplacement, Emmanuel Macron n'a pas souhaité s'exprimer, répondant juste à un journaliste que la République était "inaltérable". Mais combien de temps restera-t'il silencieux vu l'ampleur que prend l'affaire ?

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