Suites aux révélations du Canard Enchaîné, le candidat à la présidentielle a été forcé de réagir, pour dénoncer "le mépris [...] de l'article". Mais que dénonce-t-on vraiment ?

Pénélope et François Fillon le 25 novembre 2016
Pénélope et François Fillon le 25 novembre 2016 © Maxppp / Thomas Padilla

Reprenons les faits dans le détail : Penelope Fillon a été la collaboratrice de son mari (son attachée parlementaire) pendant quatre ans. Et quand en 2002, le député Fillon est appelé au gouvernement, son suppléant va garder cette attachée et continuer à la payer. Très généreusement, d'ailleurs, puisqu'elle commence visiblement à 3 900 euros bruts par mois, et qu'elle finira, en 2006, à 7 900 euros. Ce qui doit laisser rêveurs, aujourd'hui, un certain nombre de collaborateurs.

Sauf que tout cela, en soi, est parfaitement légal. En revanche, s'il se confirme que Penelope Fillon n'a jamais été vue ou n'a jamais travaillé à l'Assemblée, cela devient un "emploi fictif". Un soupçon suffisamment important pour justifier l'ouverture, par le parquet national financier, d'une enquête préliminaire.

Discrète ou absente ?

En soi, recruter l'un de ses proches est non seulement légal, mais officiel et très répandu : beaucoup d'hommes et de femmes politiques salarient ou emploient des proches pour les seconder. C'est même le cas d'environ un député sur cinq : en 2014 par exemple, une liste officielle avait été publiée et révélait que 112 députés (sur 577) employaient un membre de leur famille. Et c'est le cas autant à droite qu'à gauche. Claude Bartolone en fait partie, Jean-François Copé aussi, Eric Ciotti ou encore Gilbert Collard.

Ce qui est compliqué dans ce dossier, c'est donc de savoir si Pénélope Fillon a exercé ou pas. Or, on recense 2300 collaborateurs à l'Assemblée, et le Palais Bourbon est réparti sur trois sites différents. Tous les députés et tous leurs attachés ne se connaissent pas forcément, et la très discrète Penelope Fillon a donc pu passer totalement inaperçue, tout en travaillant effectivement bien à l'Assemblée.

Mais ce qui reste malgré tout choquant dans toute cette affaire, c'est qu'elle concerne un homme qui ne cesse d'appeler à une meilleure dépense des deniers publics...

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