la négociation sur l'écotaxe peut être longue, estime pierre moscovici
la négociation sur l'écotaxe peut être longue, estime pierre moscovici © reuters

Les préfets alertent les pouvoirs publics sur l'état de colère et d'exaspération de la société française, dans une synthèse dont Le Figaro publie jeudi de larges extraits, sur fond de tensions sociales. Le préfet de Rhône-Alpes, lui, s'inscrit en faux.

Selon le quotidien conservateur, cette synthèse de quatre pages, datée du 25 octobre, dresse le tableau d'une population dans laquelle "la fiscalité est devenue le principal moteur de la contestation de l'action gouvernementale", comme on l'a vu ces dernières semaines en Bretagne avec la fronde anti-écotaxe.

On peut ainsi lire dans la note:

Partout sur le territoire, les préfets dressent le même constat d'une société en proie à la crispation, à l'exaspération et à la colère.

La contestation de l'action gouvernementale est devenue unélément fédérateur de mécontentements et de revendications de plus en plus exprimés hors du cadre syndical, soulignent les représentants de l'Etat dans les départements, selon qui "la situation sociale laisse peu de place à l'optimisme". Ils précisent que la fronde contre la taxe poids lourd ne se limite pas à la Bretagne et s'étend à au moins 23 départements. Ils demandent implicitement l'autorisation de démonter les portiques routiers, symboles de l'écotaxe, avant qu'ils ne soient tous détruits.

Le désarroi des représentants de l'Etat : les détails de Béatrice Dugue

Selon Le Figaro, le secrétariat général du ministère de l'Intérieur évoque un risque d'extension de la fronde malgré les concessions du gouvernement, dont la suspension de cette taxe écologique et les aides promises à la Bretagne. Au point que "la plupart des responsables politiques s'expriment désormais en faveur d'un moratoire".

Mais la synthèse décrit un "accablement" et un climat de tension qui vont au-delà de la question de la taxe poids lourd.

Les préfets écrivent encore:

Face à l'accumulation (des) mauvaises nouvelles, il règne un climat douloureux, un sentiment d'accablement qui empêche de se projeter dans un avenir meilleur. C'est sur ce terreau que prospèrent les ferments d'une éventuelle explosion sociale.

Certains ne sont toutefois pas convaincus par ce ras-le-bol général. Écoutez le préfet de la région Rhône-Alpes, Jean-François Caranco, au micro de Christophe Vincent.

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