Bon, voilà, c’est fait. Barak Obama a gagné. Comme des millions d’européens j’ai suivi la nuit des élections américaines et les résultats avec enthousiasme. Je l’avoue aussi, jusqu’au dernier moment, je suis resté sceptique sur la capacité d’Obama a remporter la victoire. Sceptique sur la capacité des « WASP » (White Anglo-Saxon Protestant) a voter pour un homme de couleur. Je suis également resté longtemps sceptique sur les analyses et les visions livrées par la presse française tout au long de campagne 2008. Souvenons nous du crash médiatique total de la campagne de 2004. Beaucoup de journalistes hexagonaux donnaient John Kerry vainqueur haut la main. Résultat : plus de trois millions de voix d’avance pour Georges Bush. Bon, mais tout cela c’est du passé. Maintenant regardons l’avenir et la future relation USA- Europe. Avec Barak Obama, les relations transatlantiques seront-elles meilleures que si John Mc Cain avait été élu avec sa co-listière illuminée ? Sans aucun doute. Obama semble être un homme de dialogue plus ouvert sur les relations internationales que son ancien adversaire. Mais ne nous berçons pas d’illusions. Si on fait la synthèse des obstacles qu’il doit surmonter ce ne sont pas des montagnes qu’il doit gravir mais plutôt une addition d’Himalaya. Il arrive à la tête d’un pays en récession dont le système financier a explosé en plein vol. Des millions de gens n’ont plus de logement. Trente cinq à quarante millions de personnes sont sans assurance santé. Le taux d’endettement est record, et le pays doit mener deux guerres en même temps. Il y a quelques jours, le patron d’une agence de notation financière me confiait que plus de 60% des actifs toxiques issus des subprimes américains étaient logés dans des banques européennes. Si c’est vrai, autant dire que notre nouvel ami Barak n’a aucun intérêt à nous faire de cadeaux pour redresser son économie. Son arrivée réjouit tout le monde. Mais dans les mois à venir, si les Européens n’offrent pas un front uni dans la gestion de la crise face au nouveau président la gueule de bois sera sévère. Car sur le chemin du redressement, tout démocrate qu’il est, Barak Obama fera passer les intérêts vitaux américains avant tout le reste. L’Amérique d’abord sera son credo. De ce coté de l’Atlantique nos hommes politiques ont tout intérêt à ne pas l’oublier.

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