[scald=61621:sdl_editor_representation]par Elinor Comlay et Mike McDonald

GUATEMALA (Reuters) - Le général en retraite Otto Perez, candidat de la droite, a été élu dimanche président du Guatemala, devenant le premier militaire à diriger le pays depuis le retour à la démocratie en 1986.

Perez, 60 ans, a devancé avec 54,2% des voix son adversaire du second tour, le centriste Manuel Baldizon, un riche homme d'affaires.

Le nouveau président prendra ses fonctions en janvier.

Perez devra cependant négocier au Congrès pour faire passer ses réformes. Son Parti patriotique est le mieux représenté au parlement mais n'a pas la majorité absolue.

"Dès le premier jour, les Guatémaltèques verront qu'ils ont un président impliqué pour défendre la vie et la sécurité de tous les Guatémaltèques", a dit Perez dimanche soir, s'engageant à consacrer au moins 60% de son temps à la sécurité.

Ses partisans, habillés en orange, la couleur du Parti patriotique, ont allumé des feux d'artifice pour célébrer sa victoire.

La première économie d'Amérique centrale donne un coup de barre à droite après qu'Alvaro Colom, le président social-démocrate, a échoué à contenir le crime organisé et à lutter contre les gangs et les cartels de la drogue mexicains.

Perez, qui prône la "mano dura", politique de fermeté déjà mise en oeuvre au Salvador, a promis de faire appel à l'armée pour s'attaquer au crime organisé.

La lutte contre les gangs et les cartels de la drogue mexicains a été au coeur de la campagne dans ce pays de 14,7 millions d'habitants où une dizaine de personnes sont assassinées chaque jour.

En tant que général, Perez a joué un rôle important dans la guerre civile contre les guérilléros marxistes qui a fait rage entre 1960 et 1996. Environ 250.000 personnes ont été tuées et l'armée a commis des centaines de massacres. Il a en outre dirigé un service de renseignement militaire accusé d'avoir organisé des assassinats politiques, ce qu'il dément.

Outre le chantier de l'insécurité, il devra faire face à une situation économique difficile. Le déficit devrait atteindre 3% l'an prochain, du fait notamment de rentrées fiscales très basses (les prélèvements obligatoires ne représentent que 10% du PIB) et d'une évasion fiscale chiffrée à un milliard de dollars par an.

Jean-Philippe Lefief et Clément Guillou pour le service français

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