Mort pour avoir voulu protéger un site forestier : le 5 août 2019, Jean-Mathieu Michel, 76 ans, maire de Signes (Var), a perdu la vie en tentant de réprimander les passagers d'une camionnette venus déverser des gravats en pleine nature.

Le maire de Signes Jean Mathieu Michel a été mortellement blessé en s opposant à une décharge sauvage en forêt. Une mort gratuite estime son fils
Le maire de Signes Jean Mathieu Michel a été mortellement blessé en s opposant à une décharge sauvage en forêt. Une mort gratuite estime son fils © Maxppp / Valérie Vrel

"Mon père est mort connement", résume Stéphane Michel qui confie sa colère sur France Inter alors que se tient ce mercredi matin, à Matignon, une réunion destinée à enrayer la violence ordinaire envers les maires et leurs adjoints. Les incivilités, insultes, menaces, coups et blessures se multiplient. 233 élus ont été pris pour cibles depuis le début de cette année.

"Rien ne s'est passé depuis le décès de mon père, rien", dénonce Stéphane Michel. "Et pourtant on se bat avec mon avocat pour qu'il y ait un procès aux Assises, mais rien n'avance." Les lenteurs de la justice, c'est justement ce qui obsède la famille de Jean-Mathieu Michel. Plus d'un an après l'agression, toujours pas de procès à l'horizon. 

"Mon père a été tué dans l'exercice de ses fonctions"

"Alors qu'il alertait les gendarmes, il a été percuté par le conducteur de la camionnette qui l'a fait tomber, avant de reculer et de lui rouler dessus !" raconte le fils de l'ex-maire de Signes demande aujourd'hui une protection renforcée pour les élus, et des sanctions pour leurs agresseurs : "Je ressens de la colère quand je vois que les agressions d’élus se poursuivent".

Pour Stéphane Michel, "les maires doivent être protégés autant qu'un juge, un avocat ou un président de la République" : "Si à chaque fois on attrape un maire parce qu'on n'est pas content et ben ce qui va arriver un jour, c'est qu'il n y aura plus de maires. Alors oui, je suis en colère, j'en ai marre et je souhaite qu'il y ait une loi contre ça, qu'on protège les maires. Je demande une justice correcte".

Et d'ailleurs Stéphane Michel a des propositions en la matière. "Si on agresse un maire et bien on prend une belle amende, au moins 1 500 euros et une peine de travaux d'intérêt général. Il faut que ceux qui s'en prennent aux élus, travaillent, sans être payés bien sur, pour une mairie pour qu'ils comprennent ce que c'est".

"Les agresseurs de mon père sont libres et je suis très en colère"

"Où on va ? J'ai perdu mon père, il ne reviendra pas. Il laisse une place vide alors qu'il s est occupé de son village de Signes comme de sa propre maison", constate Stéphane Michel qui conclut dépité : "C'est une mort gratuite et rien n'a été fait."