La commission d'enquête chargée de plancher sur l'affaire Benalla est en sursis à l'Assemblée : jeudi, tous les députés d'opposition, et en particulier le co-rapporteur Guillaume Larrivé (LR) ont quitté les bancs de la commission. Deux motions de censure vont être déposées, par LR et le PS.

Guillaume Larrivé, co-rapporteur LR de la commission d'enquête, en a claqué la porte jeudi
Guillaume Larrivé, co-rapporteur LR de la commission d'enquête, en a claqué la porte jeudi © AFP / Jacques Demarthon

La situation est de plus en plus tendue, à l'Assemblée nationale, autour de l'affaire Benalla. C'est un événement rarissime : jeudi, le co-rapporteur de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, le député Les Républicains Guillaume Larrivé, a suspendu sa participation. 

Tous les autres députés LR, et plus globalement tous les partis d'opposition, lui ont emboîté le pas. Certains avaient déjà claqué la porte de la commission dans les jours précédents, comme Nicolas Dupont Aignan (DLF) ou Eric Coquerel (LFI). Jeudi soir, il ne restait donc plus que des députés de La République en Marche, dont la présidente de la commission Yaël Braun-Pivet. 

"Sabotage"

Tous reprochent à cette députée son refus d'auditionner un certain nombre de protagonistes de l'affaire, au premier rang desquels Alexandre Benalla lui-même. Les députés de l'opposition estiment que les parlementaires LREM sont aux ordres de leur parti pour "saboter" les travaux de la commission d'enquête, comme le mentionnait Guillaume Larrivé jeudi dans un communiqué. 

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Au-delà des simples travaux de la commission, les tensions vont déborder dans l'assemblée, avec le dépôt non pas d'une, mais de deux motions de censure : plus tôt dans la semaine, les députés LR avaient fait savoir qu'ils déposeraient une motion contre le gouvernement. Sur France Inter, le député LFI Ugo Bernalicis avait expliqué qu'il pouvait envisager de rejoindre le parti de droite sur le vote de cette motion, comme LR n'y évoque pas son programme économique. 

Une deuxième motion de censure à gauche

Déposée dans la soirée de jeudi, la motion de censure a d'ores et déjà reçu un appui, celui de Marine Le Pen et de son Rassemblement national : "Je veux lui donner le sens d'une motion de défiance, explique-t-elle, je crois qu'une grande partie des Français ont une véritable défiance à l'égard de la manière dont on traite cette affaire et dont on empêche la représentation nationale de faire son travail de contrôle du gouvernement". 

Mais jeudi, le PS, qui avait décidé de ne pas rallier l'initiative, a voté en conseil national le principe d'une deuxième motion de censure commune à la gauche (PS, PCF, Insoumis). "La motion de censure engage la responsabilité politique du gouvernement et du Premier ministre. Personne au gouvernement ne sait rien, c'est extraordinaire ! On aimerait bien qu'ils s'expliquent sur le sujet", explique Ugo Bernalicis. 

Car à défaut de commission d'enquête, ces motions déposées par l’opposition imposent au Premier ministre de venir s'exprimer dans l'hémicycle. En sachant très bien que la motion de censure sera rejetée… par la majorité absolue de la République En Marche.

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