INFO FRANCE INTER - Le Premier ministre et la majorité l'assurent, les mesures annoncées pour faire suite aux conclusions du grand débat national ne seront pas tièdes. Au sein de l'exécutif, une idée monte : faire financer la dépendance par un assouplissement des 35 heures.

Le gouvernement d'Edouard Philippe pourrait proposer de revenir sur les 35 heures
Le gouvernement d'Edouard Philippe pourrait proposer de revenir sur les 35 heures © AFP / ELYXANDRO CEGARRA / NurPhoto

En début de semaine, au Grand Palais, le Premier ministre a été très clair : "Le besoin de changement est si radical que tout conservatisme, toute frilosité seraient impardonnables". Et si, finalement, la crise des "gilets jaunes" pouvait servir d'accélérateur au projet du président de la République ? En tout cas, l'idée de faire financer la dépendance par un assouplissement de 35 heures est évoquée de plus en plus sérieusement au sein de l'exécutif, selon un membre du gouvernement. 

L'idée permettrait de faire d'une pierre deux coups : d'une part, faire tomber un totem sur l'allongement du temps de travail, d'autre part, s'attaquer à ce dossier explosif de l'augmentation de la durée de vie (il y a aujourd'hui 1,5 million de plus de 85 ans en France, il y en aura cinq millions en 2030).

Financer la dépendance, grande cause de la suite du mandat de Macron

L'assouplissement – autrement dit la remise en cause – des 35 heures, figurait d'ailleurs dans les engagements du candidat Macron. Alors qu'il était encore ministre de François Hollande, il avait évoqué devant le Medef lors de son université d'été en 2016 "la fausse idée selon laquelle la France pourrait aller mieux en travaillant moins"

Désormais, explique un ministre influent sous couvert d'anonymat, l'exécutif assigne un but à ce "travailler plus". Le financement de la dépendance, désormais annoncée comme l'un des grands chantiers du mandat. Et cette mesure serait mieux perçue qu'un recul de l'âge légal de la retraite, "trop anxiogène" selon un député de la majorité, mieux aussi que de creuser le déficit ou de créer un nouvel impôt interdit. Les 35 heures sur l'autel de la protection de la grande vieillesse, ce serait un retour très pur au "en même temps" des débuts du macronisme. 

L'aile gauche de LREM s'étrangle

Ces idées sont poussées alors même qu'un clivage gauche-droite réapparaît à LREM. Edouard Philippe a fait comprendre notamment à Aurélien Taché, le député LREM du Val d'Oise qui vient de monter son think tank "Hypérion" avec l'avocat Jean-Pierre Mignard (proche de François Hollande, il est le parrain de l'un de ses enfants) qu'il ne pouvait pas se permettre de critiquer la politique du gouvernement, que c'est attaquer de facto le Président de la République.

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