Que pensent ceux qui ont élu député l'ancien Premier ministre de sa probable course à la mairie de Barcelone ? France Inter est allé à leur rencontre, à quelques heures de l'annonce dénuée de suspens qu'il doit faire mardi soir, en Catalogne, sur son choix.

Manuel Valls vote (sans doute pour lui-même) lors des législatives de 2017 à Évry
Manuel Valls vote (sans doute pour lui-même) lors des législatives de 2017 à Évry © AFP / François Guillot

Ces derniers temps à Évry, comme sur les bancs de l'Assemblée, Manuel Valls se fait discret, pour ne pas dire invisible : "On ne le voit plus du tout" explique un habitant, quand une autre rappelle : "L'année dernière, il est apparu une ou deux fois, même à la Fête des voisins."

Sa place en tant qu'élu, c'est quand même là où il devrait être : sur le terrain, avec nous, dans l'Essonne

Depuis plusieurs mois le député de l'Essonne tisse son réseau à 1.000 km d'Evry. Il rencontre des chefs d'entreprise, donne des conférences, et même des cours dans une école de commerce catalane. Rien de moins qu'une précampagne électorale selon Luc, un citoyen d'Evry : "Il aurait dû démissionner. Il est toujours député et on paye pour lui".

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Les Barcelonais rêvent d'avoir comme maire un ex-premier ministre français : reportage, en Espagne, de Marie-Hélène Ballestero

Par Marie-Hélène Ballestero

Un autre habitant , Franck : "Il est très discret au niveau de l'hexagone et on entend parler de lui qu'en Espagne, alors qu'il est quand même rémunéré par les deniers publics. Il a du culot!"

Manu, tu manques pas d'air!

Une audace que lui reconnaissent certains habitants comme Armand. Il salue la trajectoire européenne de Manuel Valls : "Les situations de double ou triple nationalité ne sont à pas à rejeter du revers de la main, donc s'il estime qu'il se sentirait mieux en Espagne (...) dire son mot dans la politique espagnole, pourquoi pas ? C'est l'Europe qui y gagne à mon avis"

Légalement, rien n'oblige Manuel Valls à quitter son siège de député : même s'il est élu maire de Barcelone, la loi sur le non-cumul des mandats ne s'applique qu'en France. S'il ne démissionne pas de lui-même, ce sera sans doute au Conseil Constitutionnel de trancher.

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