[scald=103801:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a estimé mardi que l'Europe n'avait plus les moyens de se "payer une nouvelle crise" financière et a reproché de nouveau au candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, de vouloir renégocier le traité instituant un nouveau pacte budgétaire européen s'il est élu.

"S'il se produisait dans les mois qui viennent une nouvelle crise, je ne pense pas qu'on pourrait y résister dans les mêmes conditions", a déclaré le président français, candidat à un second mandat, lors d'un colloque organisé par l'Association française des entreprises privées (AFEP) et Le Monde.

"D'abord parce que nous n'avons plus les moyens de mettre ce que nous avons déjà mis, deuxièmement parce que les peuples européens sont à bout", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a avoué qu'il avait cru un moment que l'euro pouvait imploser et qu'il avait partagé cette crainte avec la chancelière allemande, Angela Merkel.

"On n'arrivait même pas à comprendre ce qu'il se passait. On mettait trois ou quatre jours pour analyser les informations que l'on recevait et on a essayé de tenir", a-t-il raconté à un parterre d'hommes d'affaires et patrons d'entreprise.

"Je constate qu'on a tenu", a-t-il ajouté. "Je n'ai pas été élu pour régler les problèmes en Grèce, en Italie ou en Espagne et pourtant nous avons dû aller très loin dans cette démarche."

Il a estimé que si la crise économique était encore là, la crise financière était passée.

"Je crois profondément à l'Europe mais je pense que nous ne pourrons pas assumer financièrement, économiquement, socialement, politiquement une nouvelle crise de cette nature", a insisté Nicolas Sarkozy.

Il a jugé "fou", dans ces conditions, de vouloir renégocier le traité signé début mars par 25 des 27 pays de l'Union européenne et a récusé la comparaison avec les accords de Schengen sur la circulation des personnes, dont il demande la révision pour renforcer la lutte contre l'immigration illégale.

"Je ne suis pas contre la renégociation des traités", a-t-il expliqué en réponse aux critiques de François Hollande et de ses partisans. "Je suis contre la renégociation des bons traités et pour la renégociation des traités qui ne marchent pas."

"Comment peut-on mettre sur le même plan le traité créant le fonds monétaire européen qui a sauvé la Grèce et qui a permis de surmonter la crise financière et Schengen, qui a été décidé en 1985 et appliqué en 1995 ? Ça n'a aucun sens", a-t-il ajouté.

Concernant la France, Nicolas Sarkozy a promis de tenir, s'il est réélu, son engagement de ramener les déficits publics français à 3% du PIB en 2013 et 0% en 2016.

Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet

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