Eric Halphen fait partie des 52 % de candidats aux législatives pour La République en marche issus de la société civile. L'ex-juge anti-corruption se présente dans le Calvados.

Le juge Halphen a rejoint Emmanuel Macron en février 2017
Le juge Halphen a rejoint Emmanuel Macron en février 2017 © AFP / Loick Vanance

Eric Halphen est candidat La République en marche aux législatives dans le Calvados, dans la circonscription de Caen-Est. À 57 ans, l'ex-juge a rallié le mouvement d'Emmanuel Macron en février dernier. Il est aujourd’hui conseiller à la Cour d’appel de Paris.

"C’est en-dehors de mes heures de travail que je soutiens Macron !" a prévenu le magistrat sur LCP.fr., alors qu'il avait affiché son soutien à Emmanuel Macron avant d'avoir reçu la réponse du Conseil supérieur de la magistrature.

La politique, une vieille affaire

Fils de journalistes, Eric Halphen s'est engagé en politique dès 2002. Il est alors candidat aux législatives dans l'Essonne, avec le mouvement chevènementiste le Pôle républicain. Il est à ce moment-là en disponibilité de la magistrature. Il obtient un peu plus de 10 % des suffrages. Mais lorsque Jean-Pierre Chevènement se rapproche des mouvements souverainistes, il quitte son mentor et créé Le Mouvement pour une alternative républicaine et sociale.

Il retourne dans la magistrature en 2007, à la troisième chambre du tribunal de grande instance de Paris chargée des questions de propriété intellectuelle. Loin de son ancien poste de juge anti-corruption, où il a notamment travaillé sur l'affaire des HLM de la Ville de Paris.

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La cassette Méry, les accusations "abracadabrantesques" et autres

En 1994, le juge Halphen commence à enquêter sur un réseau de fausses factures entre Jean-Claude Méry, membre du comité central du RPR, et des entreprises prestataires de services pour les HLM de Paris. Jean-Claude Méry, est écroué en septembre 1994. L'enquête s'oriente ensuite vers les Hauts-de-Seine, dont l'office HLM est dirigé par deux proches de Charles Pasqua, Didier Schuller et Patrick Balkany. En décembre 1994, Jean-Pierre Maréchal, le propre beau-père du juge Halphen, est arrêté à Roissy alors que Didier Schuller lui remet une mallette d'argent. Il s'agit en fait d'une opération de déstabilisation du juge.

En juin 1996, le juge Halphen perquisitionne au domicile du maire de Paris Jean Tiberi. Dans l'escalier, prévenus par leur hiérarchie, les policiers refusent de l'assister. En 1999, Jean Tiberi est mis en examen pour complicité de trafic d'influence. En 2000, Le Monde publie les aveux posthumes de Jean-Claude Méry, réunis dans la fameuse cassette Méry.

Éric Halphen relance son enquête, même si dans une interview télévisée, le président de la République Jacques Chirac, qualifie les accusations de la cassette d'"abracadabrantesques". En 2001 Eric Halphen convoque Jacques Chirac comme simple témoin. Le juge estime les charges suffisantes pour une mise en examen de Jacques Chirac. Il se déclarera alors incompétent au profit de la Haute Cour de justice. En septembre 2001, la chambre de l'instruction estime que le juge ne pouvait pas relancer son dossier et annule toute la fin de la procédure. Éric Halphen est dessaisi au profit du juge Armand Riberolles.

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