Pas d'embellie pour l'exécutif, leur popularité reste extrêmement faible. Autre enseignement de ce sondage : la côte d'adhésion d'Alain Juppé commence à sérieusement dégringoler.

La côte d'adhésion d'Alain Juppé a perdu 10 points depuis le début de l'année
La côte d'adhésion d'Alain Juppé a perdu 10 points depuis le début de l'année © Maxppp / Nicolas Kovarik

Avec une hausse d'un point par rapport au mois dernier, la côte de défiance de François Hollande atteint un nouveau record depuis le début du quinquennat : 84% des Français ne voient pas en lui un bon président, contre 16% qui lui accordent leur faveur (chiffre stable). Même constat pour Manuel Valls, qui, après avoir été épargné, voit sa côte de popularité atteindre un plus bas depuis son entrée à Matignon : pour 75% des sondés, il n'est pas un bon  premier ministre (+2 points par rapport à mai).

Autre enseignement de ce sondage, Nicolas Hulot confirme sa place de personnalité politique à laquelle les Français adhèrent le plus, il recueille 46% d'opinions positives (+3 points en un mois), alors que les "chouchous" qui caracolent en tête depuis des mois, Alain Juppé et Emmanuel Macron, dévissent de plus en plus sérieusement. Le ministre de l'économie perd 7 points par rapport à mai, avec une côte qui s'établit désormais à 29%.

Pour l'ancien premier ministre, qui recueille ce mois-ci 35% de bonnes opinions, la baisse est moins sensible, -3 points. Mais si l'on se penche sur les chiffres depuis janvier, l'inversion est assez spectaculaire : le favori de la primaire de la droite a perdu 10 points en six mois ! Gaël Sliman, le directeur de l'institut Odoxa, a analysé ces résultats : "Peu de propositions d'Alain Juppé 'impriment'. Quand on teste une à une ses principales propositions, on constate qu'elles sont plutôt soutenues. Mais les Français nous disaient, dans un sondage que nous avons publié récemment, qu'ils n'avaient pas l'impression que ça allait bousculer la France."

Mais selon Gaël Sliman, cette chute est également due à des erreurs de stratégie : "Il y a eu une 'surcommunication' sur des sujets sur lesquels Alain Juppé n'était pas forcément attendu : l'entendre expliquer qu'il était très ému, adolescent, en voyant les films de Sissi, c'est quelque chose qui crée une sorte de dissonance cognitive avec l'image qu'on se faisait d'un homme solide, droit dans ses bottes. De ce côté-là, il y a une vraie faillite de la communication du candidat ces dernières semaines, voire ces derniers mois."

Pour autant, ces mauvais sondages n'inquiètent pas particulièrement les soutiens d'Alain Juppé. Benoist Apparu, le député-maire de la Marne, compte parmi ses plus fidèles : "Depuis deux ans, il a du prendre 20 points, il en perd 10 en six mois, ce sont les va- et- vient classiques des sondages. On a toujours considéré qu'il était très, voire trop haut. Il est normal qu'il y ait, à un moment, un affaissement de sa côte. On savait qu'à partir du moment où on allait présenter le projet, ça allait être plus compliqué que si on n'avait pas grand chose à dire. Globalement, tous ceux qui pensent que la campagne est pliée se plantent. Il va encore se passer encore plein de choses d'ici novembre, et le résultat sera serré, comme toujours".

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