Les résultats du sondage Odexa publiés par le Parisien ce dimanche s'inscrivent logiquement dans la longue histoire des rapports conflictuels des gouvernements et du syndicat CGT. Manuel Valls a redit ce samedi dans Le Parisien qu'il irait jusqu'au bout pour la loi Travail et que la Confédération générale du travail ne fait pas la loi. Toute cette semaine le gouvernement et le syndicat se sont envoyé des noms d'oiseaux. La crise est grave, nouvelle étape dans l'histoire tumultueuse entre la CGT et les gouvernements socialistes depuis l'après-guerre .

L' évènement fondateur : les grèves chez Renault en mai 1947

La CGT décidait alors d’appuyer le mouvement, les ministres communistes se désolidarisaient de leurs collègues . Le mouvement s'étend : SNCF, EDF, houillières et le ministre socialiste de l'intérieur Jules Moch envoie les CRS pour rétablir l'ordre en décembre 1947.

Sous la IVème République, la CGT liée au Parti communiste critique les gouvernements socialistes mais sous la Vème elle reste en retrait , de 81 à 84 (quand les communistes sont au gouvernement), puis reprend l'offensive sur fond de fermeture des mines et des aciéries. Modération à nouveau sous Jospin quand un ministre communiste des transports privatise partiellement Air France. Puis vient le 1er mai 2012 :Bernard Thibault annonce qu'il votera socialiste au second tour.

Fin de la modération

La lune de miel ne dure pas. Sous ses successeurs la CGT ne se reconnaît ni dans la social-démocratie de François Hollande ni dans le social-libéralisme de Manuel Valls et Emmanuel Macron et finit par boycotter les conférences sociales. Le Parti communiste est trop faible pour contrôler le syndicat qui de toute façon a pris son autonomie et se retrouve pour la première fois depuis 70 ans en face à face direct avec un gouvernement socialiste .

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