Les communes préparent actuellement la rentrée, avec un budget de plus en plus serré. Car depuis quelques semaines, les maires ont reçu une série de mauvaises nouvelles.

L'inquiétude des maires est patente en cette rentrée face aux coups budgétaires
L'inquiétude des maires est patente en cette rentrée face aux coups budgétaires © Flickr / CC patrick janicek

Les baisses de dotations se cumulent depuis plusieurs années et durant ces deux derniers mois une nouvelle liste de restriction est venue compliquer le travail des édiles.

  • Le 17 juillet, Emmanuel Macron a confirmé que les collectivités territoriales devraient participer à un effort budgétaire de 13 milliards d'euros sur le quinquennat.
  • Le 3 août, 300 millions d'euros de crédits de l'Etat aux collectivités locales ont été supprimés par décret.
  • Le chef de l'Etat a également confirmé la suppression sur trois ans de la taxe d'habitation pour 80% des Français, une manne qui rapporte environ 22 milliards d'euros chaque année aux communes et intercommunalités.
  • Enfin, cet été encore, le gouvernement a annoncé la réduction du volume de contrats aidés (contrats pour lesquels l'employeur bénéficie de subventions publiques, souvent utilisés dans les collectivités) d'ici la fin de l'année.
Pour Francisque Vigouroux, le maire d'Igny, construire un budget devient de plus en plus difficile
Pour Francisque Vigouroux, le maire d'Igny, construire un budget devient de plus en plus difficile / capture d'écran vidéo

Comment gère-t-on ce serrage de vis dans les communes ?

À Igny, dans l'Essonne, sur le plateau de Saclay, le maire Francisque Vigouroux le dit lui-même, les chiffres et le budget, c'est son truc, mais aujourd'hui, équilibrer les comptes n'est vraiment pas facile. Car avec la baisse des dotations depuis trois ans, il doit construire son budget avec 600.000 euros de moins par an.

Du coup, toutes les économies sont bonnes à prendre. Vraiment toutes. Economies d'électricité en éteignant l'éclairage publique, économies d'eau, réorganisation des moyens humains, fermeture de la mairie un samedi par mois, fusions de service avec des communes voisines. Francisque Vigouroux explique que désormais "les commémoration comme le 8 mai 45 ou 11 novembre et les mariages sont entièrement assurés par les élus pour faire des économies de personnel, ce qui nous permet quelques centaines d'euros à chaque fois".

La municipalité rogne partout

Avec les trois millions d'euros annuels de taxe d'habitation en moins qui s'annoncent sur un budget de fonctionnement de 14 millions, Francisque Vigouroux commence à avoir des sueurs froides imaginant les résultats :"c’est forcement toute une chaîne de service public et de proximité qui va se détériorer et impacter directement les familles : MJC, crèches, maisons de retraite, services périscolaires, cantine, gymnases. Les dotations aux communes ce n'est pas facultatif, c'est un vrai service public !"

D'ailleurs, les écoliers doivent déjà apprendre à patienter : leur école des années 70 est en réfection en mode ralenti explique Thibault Martel, le directeur des services techniques : "le bâti est vieillissant car on a beaucoup d'écoles des années 70 qui forcement ont une étanchéité qui mérite d'être refaite. La première année on va refaire étanchéité et ensuite l'année prochaine l'isolation extérieure, car une rénovation complète d'une école sur un exercice budgétaire c’est juste impossible."

Des projets au ralenti, ou à l'arrêt, Francisque Vigouroux a renoncé à un espace de co-working : "sachant qu'on navigue dans le grand flou en 2018, on avait des projet d'investissements qu'on va geler. On a un projet de création d'un centre de co-working en centre ville, ce qui correspondait d'ailleurs à des préconisations dans le programme d'Emmanuel Macron dans lesquelles je me reconnaissais, mais aujourd'hui je ne me sens pas capable de le porter si je suis lâché en plein milieu de la rivière par l'État."

Et quand la semaine dernière il entend le premier ministre dire :

Si les emplois aidés avaient été un instrument efficace de lutte durable contre le chômage, ça se serait vu - Edouard Philippe

Francisque Vigouroux sourit. La ville a pérennisé deux contrats aidés mis en place par la municipalité précédente.

Le Maire d'Igny se revendiquait "Macron-compatible", l'été a fait office de douche froide : "Les arrêtés et les décrets de cet été me laissent dans le doute, dit-il".

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