[scald=221355:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les forces françaises auront achevé la sécurisation du nord-est du Mali dans trois semaines mais la France ne partira que lorsqu'une solution politique aura été trouvée, dit le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian dans une interview au Monde.

A la demande des autorités maliennes, la France a lancé il y a deux mois jour pour jour l'opération Serval pour repousser des groupes islamistes armés qui occupaient le nord du Mali et qui menaçaient la capitale Bamako.

Après avoir repris les villes de Gao et de Tombouctou, les forces françaises, épaulées par l'armée tchadienne, mènent depuis plusieurs semaines une offensive militaire dans le massif des Ifoghas, considéré comme un bastion des groupes islamistes armés, dont Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

"Nous poursuivons la libération de ce territoire quasiment mètre par mètre", déclare le ministre de la Défense dans Le Monde daté de mardi. "Il y aura sûrement d'autres combats violents. D'ici trois semaines, si tout se passe comme prévu, ce territoire sera complètement visité."

"Je ne vais pas vous dire qu'on va les traquer jusqu'au dernier", poursuit-il après s'être rendu sur place la semaine dernière. "L'objectif donné par le président de la République est bien la libération du territoire du Mali pour lui permettre de recouvrer sa souveraineté. Nous n'y sommes pas encore."

Le calendrier avancé par le ministre de la Défense dans le Monde coïncide avec la date du début du retrait des troupes françaises du Mali prévu pour avril et annoncé par François Hollande le 6 mars dernier.

RÉCONCILIATION

Huit semaines après le début de l'opération Serval et à trois semaines du début du retrait, Jean-Yves Le Drian rappelle que la France restera le temps nécessaire pour permettre aux futures autorités maliennes d'acquérir une légitimité nationale et internationale.

"La fin de notre mission doit coïncider avec la solution politique au Mali", souligne-t-il.

Cette solution politique passe par l'organisation "au plus vite" d'une élection présidentielle, en juillet, pour permettre à la future autorité politique du Mali de se doter d'une légitimité nationale et internationale, souligne le ministre. Elle passe également par l'organisation de la commission de dialogue et de réconciliation.

Le président malien par intérim Dioncounda Traoré "m'a assuré que ses membres seraient connus d'ici une dizaine de jours", a fait savoir Jean-Yves Le Drian.

Le ministre de la Défense est par ailleurs revenu sur les informations faisant état de la mort de deux hauts dirigeants d'Aqmi dont le décès a été annoncé par le Tchad.

"On a évidemment neutralisé des chefs et des sous-chefs", a-t-il dit. "Même s'il faut encore la confirmer, la disparition d'Abou Zeïd est probable".

Sur les plus de 3.000 combattants djihadistes présents sur le territoire malien avant l'intervention française, certains se sont "éparpillés, d'autres ont rejoint l'étranger, d'autres ont été neutralisés", selon Jean-Yves Le Drian.

Environ 500 djihadistes ont été "trouvés" par les forces françaises dans l'Adrar des Ifoghas, a-t-il précisé.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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