[scald=67961:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Socialistes et écologistes français ont dénoncé vendredi les "affirmations erronées" et les "arguments éculés" énoncés selon eux par Nicolas Sarkozy pour défendre le nucléaire.

Lors d'un déplacement à l'usine d'enrichissement d'uranium d'Areva à Pierrelatte (Drôme), le chef de l'Etat a accusé le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts d'avoir signé un accord qui conduira à "la destruction de la filière".

Il a brandi la menace d'un "mouvement massif de délocalisation", alors que l'accord politique entre les deux partis prévoit de réduire la part du nucléaire en France.

François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle, a estimé lors d'un déplacement à Lyon que la vision de Nicolas Sarkozy sur le nucléaire était une "espèce de caricature" repliée sur "un schéma ancien".

"Je suis pour la diversification des sources d'énergie pour produire de l'électricité. Pour les 15 à 20 ans à venir, j'ai fixé la perspective de réduire la part du nucléaire de 75% à 50% (dans la production d'électricité-NDLR) tout en faisant monter les énergies renouvelables", a-t-il rappelé devant les journalistes.

François Hollande a opposé cette "vision équilibrée et responsable" à celle de Nicolas Sarkozy "qui est une espèce de caricature sur l'affirmation d'un modèle qui parait aujourd'hui dépassé".

Pour Greenpeace, Nicolas Sarkozy est atteint du "syndrome de l'erreur persistante" et développe avec l'UMP "un arsenal de communication" datant des années 1970" alors qu'il "serait temps d'entrer dans le XXIe siècle."

L'Observatoire du nucléaire note que, dans l'esprit du chef de l'Etat, la France serait "le seul pays qui tourne le dos au progrès".

VALSE DES CHIFFRES

Or, "la France est cernée par des pays qui ont rejeté l'atome ou décidé d'en sortir (soit de façon volontariste, soit en ne renouvelant pas les centrales arrivant en fin de vie) : Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse, Italie et Espagne", écrit-il dans un communiqué.

"De la même façon, Nicolas Sarkozy a prétendu que la sortie du nucléaire nuirait à la compétitivité économique de la France alors que l'Allemagne, où l'électricité serait d'après M.Sarkozy bien plus chère qu'en France, est pourtant beaucoup plus compétitive", ajoute le mouvement.

Sur les éventuelles suppressions d'emplois, Greenpeace dénonce "la valse des chiffres toujours plus fantaisistes".

"Le président et l'UMP font semblant d'oublier l'immense gisement d'emplois qui se trouve dans le démantèlement des centrales en France et à l'étranger, dans la gestion des déchets nucléaires, mais aussi et surtout dans le développement des renouvelables et de l'efficacité énergétique", écrit l'organisation.

Concernant l'augmentation de 50% de la facture d'électricité évoquée par l'UMP, Greenpeace souligne que le prix de l'électricité "va de toute façon augmenter d'au moins 33% dans un scénario de maintien du nucléaire".

Pour le Parti communiste, évoquer le risque d'un "mouvement massif de délocalisations", c'est "l'hôpital qui se moque de la charité".

"Depuis bientôt dix ans que la droite est au pouvoir, Nicolas Sarkozy en tête, elle passe son temps à déréglementer et privatiser. Elle a supprimé 30.000 emplois dans la filière énergétique et massacre l'industrie française", déclare-t-il dans un communiqué.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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