La démission de Gérard Collomb s'ajoute à une longue série. Depuis l'élection d'Emmanuel Macron et la formation du premier gouvernement d'Edouard Philippe, sept ministres ont quitté leur fonction. Macron ministrophage ?

Depuis l'élection d'Emmanuel Macron et la formation du premier gouvernement d'Edouard Philippe, 7 ministres ont quitté leur fonction. Macron ministrophage ?
Depuis l'élection d'Emmanuel Macron et la formation du premier gouvernement d'Edouard Philippe, 7 ministres ont quitté leur fonction. Macron ministrophage ? © AFP / PHILIPPE WOJAZER

La démission est décidément très en vogue dans le nouveau monde. Pas moins de sept ministres ont quitté leurs gouvernements respectifs depuis qu’Emmanuel Macron est président de la République.

Richard Ferrand

Le 19 juin 2017, on apprend la démission du ministre de la Cohésion des territoires. L'élu de Bretagne est soupçonné par la justice d'une prise illégale d’intérêt dans l’affaire dite des mutuelles de Bretagne. La démission de ce proche d'Emmanuel Macron sera la première épine dans le pied du tout nouveau président de la République. Mais cette semaine-là sera riche en surprises (et en démissions) puisqu'en trois jours, pas moins de quatre ministres partiront.

Et l'on doit la démission de trois d'entre eux aux révélations de... Radio France.

Le 16 juin 2017, notre cellule enquête publie un dossier dans lequel les journalistes révèlent que le parti centriste (auquel appartiennent trois ministres, François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard), est soupçonné d'avoir rémunéré à un moment donné une dizaine de ses permanents comme assistants parlementaires européens.

Sylvie Goulard

La première démission est celle de Sylvie Goulard, qui intervient le mardi 20 juin 2017. Dès l’annonce de l’enquête préliminaire, la nouvelle ministre des Armées, ancienne députée européenne, refuse de rester comme le lui suggèrent le Premier ministre et le président de la République. 

François Bayrou et Marielle de Sarnez

Deux jours plus tard, c'est au tour du chef du Modem, allié intéressant de la macronie (notamment pour obtenir une majorité à l'Assemblée), et qui occupait un poste régalien puisqu'il était rien de moins que le ministre de la Justice. Cette affaire va aussi coûter son portefeuille à une autre femme, Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes.

Nicolas Hulot

Le 28 août, c'est sur l'antenne de France Inter que le ministre de l'Écologie annonce qu'il quitte son poste. Le leader écologiste, que beaucoup d'autres présidents voulaient compter au sein de leur exécutif, est une prise de guerre pour le camp Macron, le choc est donc d'autant plus difficile à encaisser. "Je me surprends tous les jours à me résigner...." explique le ministre sur le départ. Il assure qu'il ne parvient pas à mener son combat pour l'écologie au sein de ce gouvernement.

Laura Flessel

La ministre des sports démissionne quant à elle le 8 septembre. La championne évoque des "raisons personnelles" mais on apprend dans le Canard enchaîné et Mediapart qu'elle est en fait en délicatesse avec le fisc. La championne d'escrime, très populaire, sera un nouveau coup à encaisser pour la macronie.

Gérard Collomb

L'ancien socialiste, et ancien maire de Lyon, était le premier soutien sérieux d’Emmanuel Macron et a largement participé à sa bataille pour être élu président. Mais depuis l'affaire Benalla, rien ne va plus entre le ministre l'Intérieur et le Président. Place Beauvau, le ministre aurait mal vécu d'être mis en premier ligne dans cette affaire qui semblait concerner au premier chef, l'Élysée.

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