[scald=104087:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - L'UMP et le PS s'accusent l'un l'autre de mentir aux Français sur les futures hausses d'impôts, à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Le parti de Nicolas Sarkozy juge que l'idée de François Hollande de taxer à 75% les revenus au-delà d'un million d'euros masque un "matraquage des classes moyennes".

Le Parti socialiste accuse quant à lui Nicolas Sarkozy de mentir sur les efforts qu'il prévoit de demander aux Français s'il est réélu.

La bataille fiscale s'est encore accentuée avec la promesse de Nicolas Sarkozy d'imposer les "exilés" fiscaux, une promesse qui laisse les fiscalistes dubitatifs.

"Dans le programme fiscal du PS, il y a une sorte de rideau de fumée", a déclaré mercredi Gilles Carrez (UMP), rapporteur de la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

"Il y a une supercherie pour masquer, derrière ce paravent des '75%', le fait que l'essentiel des 12 milliards d'euros qu'il recherche sera prélevé au détriment des classes moyennes", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

L'UMP et le PS accusent chacun l'adversaire d'attaquer cette "classe moyenne", un concept flou, l'UMP frappant aussi, selon le PS, les classes populaires, avec la hausse de la TVA à 21,2%.

"LA CRÉDIBILITÉ DE SARKOZY EST NULLE"

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, a souhaité "sortir cette poussière du tapis que François Hollande dissimule soigneusement". "D'un côté, 200 millions d'euros avec une taxation à 75% des plus hauts revenus et, de l'autre, 15 milliards d'euros qui tomberont sur les classes moyennes."

Au PS, le président de la commission des Finances de l'Assemblée, Jérôme Cahuzac, explique que Nicolas Sarkozy ment quand il assure que la quasi-totalité des hausses d'impôts est votée.

"Le candidat sortant ne dit pas la vérité", a-t-il dit à Reuters mardi.

Le président-candidat affirme que seuls 8 milliards d'euros de prélèvements nouveaux manquent à l'appel d'ici 2017, souligne le responsable budget de la campagne de François Hollande, "ce raisonnement est totalement malhonnête".

Selon Jérôme Cahuzac, il manque 25 milliards d'euros dans l'équation de Nicolas Sarkozy car le président sortant compte deux fois les mêmes mesures pour réduire la facture.

Quant à sa mesure sur les "exilés" fiscaux, "le candidat sortant a fait preuve de politiques tellement erratiques que sa crédibilité en la matière est nulle", a dit Jérôme Cahuzac.

Jean-Baptiste Vey et Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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