[scald=93529:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - L'UMP a annoncé mercredi l'expulsion prochaine du député du Nord Christian Vanneste pour avoir tenu des propos "intolérables" niant la déportation d'homosexuels en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Lors de sa traditionnelle réunion du mercredi, le bureau politique de l'UMP "à l'unanimité, a condamné avec la plus grande force ces propos profondément choquants et intolérables, a déclaré le secrétaire général Jean-François Copé.

Il a ajouté que l'exclusion de Christian Vanneste de l'UMP serait à l'ordre du jour de la prochaine réunion du bureau politique, le 22 février, "et naturellement, cela va de soi, la suspension immédiate de son investiture pour les législatives".

Un candidat de l'UMP sera investi dans sa circonscription pour qu'il n'y ait "aucune ambiguïté", a-t-il dit.

Christian Vanneste a dit ne voir "aucun motif d'exclusion", affirmant n'avoir fait que "citer des faits". "Je condamne évidemment fermement la déportation des homosexuels", a-t-il dit sur Europe 1, dénonçant la pression d'un "lobby".

Le député s'est emporté contre ses collègues de l'UMP. "Je commence à en avoir assez de leurs manières de parler d'exclusion à tout propos, sans jamais engager de dialogue pour essayer de comprendre ce que j'ai dit."

Membre de la Droite populaire, l'aile "dure" de l'UMP, Christian Vanneste avait fait l'objet de poursuites en 2006 et 2007 pour des propos homophobes, mais sa condamnation a été annulée par la cour de cassation. Cette décision avait provoqué la consternation des associations à l'origine des poursuites.

Il s'est exprimé cette fois dans une vidéo diffusée par le site internet Liberté Politique, animé par une association chrétienne.

Interrogé sur les sondages indiquant qu'une majorité de Français est favorable au mariage homosexuel, il répond que ce résultat est le fruit d'un "bourrage de crânes" dû au fait que les homosexuels sont surreprésentés dans le monde médiatique, ce qui leur permet de faire progresser leurs idées avec un "art consommé de la déformation systématique des faits".

62 DÉPORTÉS EN FRANCE

Qualifiant l'homosexualité de "refus de l'autre", Christian Vanneste cite à titre d'exemple "la fameuse légende de la déportation des homosexuels".

"En Allemagne, il y a eu une répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à peu près à 30.000 déportés. Et il n'y en a pas eu ailleurs (...) Il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France", dit-il.

GayLib, mouvement de défense des homosexuels associé à l'UMP, a été le premier à réclamer son exclusion.

"On ne peut que s'indigner, on ne peut qu'être choqués", a réagi Catherine Michaud, secrétaire générale de GayLib, assimilant les propos de Christian Vanneste à ceux de Jean-Marie Le Pen qualifiant les chambres à gaz de "point de détail".

D'autres personnalités de l'UMP ont condamné le député du Nord, dont la ministre chargée de l'apprentissage, Nadine Morano, qui a déclaré en bureau politique : "Il faut le virer ! Ce n'est pas possible qu'il porte nos couleurs".

Chef de file de la Droite populaire, le ministre des Transports Thierry Mariani a lui aussi pris ses distances avec l'élu, déclarant: "Je ne peux me résoudre à le laisser continuer à s'engager, s'agissant de la question de l'homosexualité et des homosexuels, sur le terrain de la provocation permanente et, désormais, sur celui du négationnisme."

Louis Aliot, le numéro deux du Front national, a lui aussi désapprouvé le député.

"Je pense qu'il faut que Monsieur Vanneste relise un peu ses livres d'Histoire", a-t-il dit sur France 2.

Pour Delphine Batho, porte-parole du candidat socialiste François Hollande, les propos de Christian Vanneste "sont non seulement homophobes mais aussi négationnistes."

L'historien Mickaël Bertrand, qui a dirigé un ouvrage collectif sur la déportation pour motif d'homosexualité, estime à 62 en France le nombre de "déportés qui ont été envoyés dans des prisons et des camps allemands en raison de leur homosexualité".

"Cela ne signifie pas pour autant que des centaines d'homosexuels français n'ont pas été déportés en tant que juifs, communistes et/ou résistants", écrit-il sur son blog.

Mourad Guichard, Yann Le Guernigou édité par Yves Clarisse

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