[scald=68129:sdl_editor_representation]par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - L'UMP a mis samedi François Hollande au défi de clarifier sa position sur l'accord électoral conclu entre le Parti socialiste et les Verts, dans lequel la formation présidentielle voit une "grande braderie" de l'indépendance de la France.

Intervenant tour à tour devant les cadres régionaux et départementaux de l'UMP réunis pour discuter de la mobilisation pour 2012, le secrétaire général Jean-François Copé et le Premier ministre François Fillon ont en outre pilonné le programme du PS, jugé inadapté à cette période de crise.

"Les socialistes n'ont toujours pas pris la mesure de la tempête qui souffle sur l'Europe", a dit le second, en dénonçant des propositions en matière de fiscalité, retraite ou emploi dans la fonction publique qui vont "à l'encontre de tout ce qu'il convient de faire pour hisser la France hors de la crise".

Jean-François Copé avait donné le ton auparavant en multipliant les attaques contre les "concessions folles" du PS à EELV (Europe Ecologie-Les Verts) dans un accord déjà éreinté la veille par Nicolas Sarkozy pour son volet nucléaire.

Sur ce point, le patron de l'UMP a accusé les socialistes et leurs alliés de programmer le "plus grand plan social jamais réalisé" en France, des dizaines de milliers d'emplois étant menacés selon lui par le projet de fermeture de 24 réacteurs nucléaires sur les 58 existants.

Il leur a reproché de vouloir brader aussi l'indépendance diplomatique du pays en oeuvrant "au renoncement" de son siège permanent au Conseil de sécurité de l'Onu, à sa présence "à la table essentielle de la gouvernance mondiale pour les questions de sécurité, de diplomatie et de droits de l'homme".

Interpellant le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande, Jean-François Copé a estimé qu'il était temps qu'il dise "clairement aux Français ce qu'il entend faire de l'accord que ses amis ont signé en son nom avec les Verts, dont la représentativité dans la population française est inversement proportionnelle à la prétention de leurs exigences."

"NUMÉRO TRADITIONNEL"

Le député-maire de Meaux et François Fillon s'en sont pris encore à la proposition de loi de la majorité socialiste au Sénat sur le droit de vote et d'éligibilité des étrangers extra-communautaires aux élections locales.

Le Premier ministre a invoqué la "tradition républicaine" de la France pour souligner que les étrangers souhaitant jouir de l'ensemble des droits civiques se devaient d'accéder à la nationalité.

Jean-François Copé a évoqué pour sa part un "numéro traditionnel qui veut que le Parti socialiste français, à chaque élection importante, dans la grande tradition mitterrandienne, agite le spectre du droit de vote des étrangers et de leur éligibilité pour faire monter l'extrême droite".

A cinq mois de la présidentielle, les responsables de l'UMP ont tenté de surfer sur la remontée de Nicolas Sarkozy dans les enquêtes d'opinion, où il est néanmoins toujours nettement devancé par François Hollande, pour mobiliser leurs troupes en insistant sur le caractère "possible" de la victoire du président sortant.

François Fillon a appelé au rassemblement de tous autour du chef de l'Etat, qui se déclarera "en son temps et en son heure", plaidant pour que "les doutes, les rancoeurs et les calculs personnels" soient mis de côté.

Joignant le geste à la parole, il a apporté son "soutien et sa confiance" à Jean-François Copé, son grand rival, "face aux attaques calomnieuses dont il est l'objet" en raison de ses liens avec l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine.

Si le moral des troupes UMP est visiblement en hausse, les doutes ne sont pas pour autant balayés sur les perspectives de victoire en 2012.

Après l'engouement de 2007, "je ne peux que constater l'image désastreuse de Nicolas Sarkozy auprès des classes populaires", a dit une enseignante du Morbihan, en réclamant des conseils sur la pédagogie nécessaire pour qu'elles évitent "d'aller aux extrêmes".

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