[scald=63601:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Eva Joly a une nouvelle fois haussé le ton samedi dans les difficiles négociations sur un éventuel accord électoral entre écologistes et socialistes, jugeant indispensable l'arrêt du réacteur EPR de Flamanville pour aboutir.

L'intransigeance de la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts (EE-LV) dans la course à l'Elysée s'ajoute aux vagues provoquées par l'irruption dans le débat de Jean-François Copé, qui a demandé "au nom de la France" au candidat PS François Hollande de cesser de négocier avec les écologistes.

Théoriquement censés aboutir dans les jours qui viennent, les pourparlers entre PS et EE-LV pour les élections présidentielle et les législatives de 2012 butent sur la question du nucléaire.

Les écologistes veulent y mettre fin alors que François Hollande souhaite réduire la part de l'électricité produite à partir de l'atome de 75% aujourd'hui à 50% d'ici à 2025.

Invitée samedi du journal de 13 heures sur TF1, Eva Joly a posé comme condition à un accord l'arrêt de la construction du réacteur de nouvelle génération EPR de Flamanville (Manche).

"J'affirme solennellement, tranquillement, fermement, qu'il n'y aurait pas d'accord avec les socialistes si nous n'avons pas l'arrêt du chantier de Flamanville. Il n'y a pas de plan B", a-t-elle déclaré.

Si aucun accord n'est trouvé, "je porterai toute seule toutes les revendications de sortie du nucléaire et tout le programme écologiste et, j'espère, jusqu'au deuxième tour", a ajouté l'ancienne magistrate.

Vendredi, Jean-François Copé avait demandé à François Hollande de cesser tout dialogue avec EE-LV.

"Au nom de la France, je demande à François Hollande d'arrêter de négocier avec les Verts sur le nucléaire", a-t-il dit en marge de la commémoration de l'Armistice de 1918.

"PUR MENSONGE"

Le "patron" de l'UMP s'est dit "très inquiet" après les propos du PDG d'EDF Henri Proglio, selon qui l'abandon du nucléaire mettrait en péril un million d'emplois en France.

"On est en train de négocier entre Verts et socialistes sur le dos des Français des pourcentages de réduction de part du nucléaire comme si on négociait des pourcentages de voix en fonction des sièges des différentes circonscriptions", a déploré Jean-François Copé.

Plusieurs responsables UMP -Sébastien Huyghe, Roger Karoutchi, Valérie Rosso-Debord, Bruno Beschizza-, lui ont fait écho samedi, multipliant les communiqués dénonçant les "ambiguïtés de François Hollande" et les "petits arrangements électoraux avec les Verts".

Eva Joly a jugé "inadmissible" que Jean-François Copé s'immisce ainsi dans les négociations, l'accusant en outre de "pur mensonge" sur les emplois liés au nucléaire.

Comme elle, la secrétaire nationale d'EE-LV Cécile Duflot l'a accusé d'agir "en service commandé".

"Il n'a pas le droit de parler en utilisant l'expression 'au nom de la France' quand il est visiblement en service commandé à la fois du président de la République, qui craint une alliance entre la gauche et les écologistes, et du lobby nucléaire", a dit la responsable, pour qui "M. Copé reprend la propagande honteusement mensongère de M. Proglio".

Au PS, le député Pierre Moscovici a dénoncé "une grossièreté" du secrétaire national de l'UMP, tandis que Jean-Christophe Cambadélis invitait l'UMP à ordonner à son aile droite de cesser le rapprochement entamé selon lui avec le Front national de Marine Le Pen et ses thèses.

"Il est plus utile pour la France de dialoguer avec les Verts qu'avec le Front National", a-t-il écrit dans un communiqué.

Edité par Eric Faye

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