Adoubée par Patrick Balkany, puis investie par le parti Les Républicains, Agnès Pottier-Dumas a finalement dû renoncer à se présenter aux législatives de 2017.

Agnès Pottier-Dumas
Agnès Pottier-Dumas © Twitter

Qui représentera le parti Les Républicains lors des législatives des 11 et 18 juin 2017 sur la 5ème circonscription des Hauts-de-Seine ? Fin juin, le député "historique" (depuis 2002) de cette circonscription, Patrick Balkany, avait jeté l’éponge. Quatre fois mis en examen, son investiture avait suscité un tollé au sein même de son camp ; celui qui est aussi maire de Levallois-Perret avait renoncé à se présenter en expliquant qu’il voulait respecter la loi contre le cumul des mandats. Patrick Balkany, proche de Nicolas Sarkozy, avait alors désigné celle qu’il voyait le mieux lui succéder : Agnès Pottier-Dumas, 31 ans, son ancienne attachée parlementaire pendant dix ans, et conseillère municipale déléguée à Levallois-Perret. La trentenaire avait été investie quelques jours plus tard par la Commission Nationale d’investiture du parti Les Républicains.

Une candidate inéligible

Mais ce vendredi, l’élu d’opposition (DVD) Arnaud de Courson a avancé que la candidate n’était pas éligible, du fait de son poste de conseillère au cabinet de Valérie Pécresse à la région Île-de-France.

Le conseiller municipal avance l’article L132-22 du code électoral, qui stipule que les membres du cabinet du président du conseil régional "sont inéligibles en France dans toute circonscription comprise en toute ou partie dans le ressort dans lequel ils exercent ou ont exercé leurs fonctions depuis moins d’un an à la date du scrutin". Le premier tour des législatives étant prévu le 11 juin 2017, Agnès Pottier-Dumas aurait ainsi dû démissionner avant le 11 juin dernier. La conseillère affirme alors sur les réseaux sociaux qu’elle a bien remis sa démission le 31 mai, et qu’elle maintient sa candidature.

Page Facebook d'Agnès Pottier-Dumas
Page Facebook d'Agnès Pottier-Dumas

Des mails contredisent la version de la conseillère

Mais nouveau coup de théâtre, Agnès Pottier-Dumas a finalement annoncé ce lundi qu’elle renonçait. "Sa démission n'est pas conforme aux règles, elle aurait dû intervenir par lettre recommandée, après quoi un délai de huit jours est nécessaire avant qu'elle ne devienne effective", indique à l'Agence France Presse le cabinet de Mme Pécresse. Cette lettre n'a jamais été envoyée. Agnès Pottier-Dumas assure qu’elle était de "bonne foi", mais qu’elle souhaite, malgré des regrets, se conformer au Code électoral. Or, Arnaud de Courson, l’élu qui avait mis en doute son éligibilité, est revenu à la charge, mettant cette fois en cause sa bonne foi, en affirmant qu’Agnès Pottier-Dumas était toujours membre du cabinet de Valérie Pécresse après le 31 mai.

Mail publié sur le compte Twitter d'Arnaud de Courson
Mail publié sur le compte Twitter d'Arnaud de Courson

Par ailleurs, sur la page Facebook du mentor d’Agnès Pottier-Dumas lui-même, Patrick Balkany, une phrase laisse aussi penser que la conseillère était effectivement toujours en poste après le 11 juin.

Page Facebook de Patrick Balkany
Page Facebook de Patrick Balkany
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