[scald=103517:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La remontée de Nicolas Sarkozy dans les sondages d'opinion sème le trouble dans le mouvement écologiste, dont les ténors s'interrogent sur la pertinence du maintien de la candidature d'Eva Joly, susceptible d'affaiblir François Hollande.

Après le député européen Daniel Cohn-Bendit, c'est Noël Mamère, lui-même ancien prétendant à l'Elysée, qui a émis des doutes sur la candidature d'Eva Joly, qui stagne entre 2 et 4,5% d'intentions de vote dans les sondages.

"C'est à notre parti de décider, de savoir quel est vraiment l'intérêt que nous avons d'être présents à l'élection présidentielle", a déclaré le co-président du Conseil stratégique de la candidate Europe Ecologie les Verts (EELV) au micro de Vivre FM.

En se maintenant dans la course à la présidentielle, Eva Joly pourrait contribuer à "affaiblir le candidat du PS dont on veut qu'il soit demain le candidat de la gauche et des écologistes", a poursuivi le député-maire de Bègles (Gironde), quelques heures avant un meeting de la candidate à Strasbourg.

L'élu écologiste, qui avait recueilli 5,25% des voix en se présentant à l'élection présidentielle de 2002, avait déjà fait part ce week-end de son pessimisme quant aux chances d'Eva Joly et de son souhait de voir son parti se recentrer sur les élections législatives.

"UN CÔTÉ QUI ÉNERVE"

"Le seul accord et les seules discussions que nous avons eus c'est sur le groupe écologiste à l'Assemblée, maintenant il nous faut évaluer ensemble et c'est aux écologistes de le dire, c'est à eux d'en décider", a déclaré Noël Mamère, concernant le maintien de la candidature de l'ancienne magistrate.

EELV paraît surtout tourné vers les législatives de juin où un accord avec le PS lui ouvre la possibilité de la constitution, pour la première fois de son histoire, d'un groupe parlementaire à l'Assemblée.

La semaine dernière, Daniel Cohn-Bendit avait regretté de ne pas s'être présenté à la primaire socialiste en vue de l'élection présidentielle, où il est persuadé qu'il aurait pu remporter entre 20 et 30% des suffrages.

Le député européen avait estimé devant des journalistes réunis au centre de presse anglo-américain que les écologistes avaient eu tort de présenter un candidat à la présidentielle, cette stratégie se révélant selon lui erronée.

"Nous avons, et avec raison, fait un accord avec les socialistes", a-t-il déclaré. "Si on voulait un groupe a l'Assemblée il fallait faire cet accord. Moi, j'ai toujours plaidé pour que les Verts fassent cet accord et ne présentent pas de candidat."

Pour l'ancien leader de Mai-1968, Eva Joly aurait pu être un atout pour les Verts si elle ne s'était pas "radicalisée dans un discours abstrait" afin de marquer sa différence avec son concurrent dans la primaire écologiste, Nicolas Hulot.

"Elle a un côté qui énerve, quand elle fait juge d'instruction, d'asséner des vérités", a-t-il conclu.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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