Pour ce jeu-là, la règle est assez simple. D'abord, il faut deux concurrents : un à gauche, un à droite. Ce n'est pas un détail, la position est importante parce que le Bayrou, il est au centre et donc évidemment ce n'est pas drôle si l'on part déjà du milieu - on a déjà gagné. Deuxième impératif: il faut un garçon et une fille, c'est marqué dans la règle car voyez-vous, la parité, c'est super tendance et ce jeu-là, il est super tendance, y'a pas plus à la mode. Il faut savoir aussi que les deux concurrents ont le droit d'avoir une équipe avec eux. Des supporters, des pom-pom-girls ou bien des pom-pom-boys, à chacun de choisir. Mais ils peuvent être accompagnés, c'est marqué dans la règle et c'est d'ailleurs l'une des originalités de la chasse au Bayrou: c'est un jeu individuel... par équipe - c'est comme ça.A gauche, depuis dix jours, on a donc Ségolène et à droite, on a Nicolas. Deux concurrents très très motivés pour essayer de capturer le Bayrou. Avec chacun ses armes et là-dessus la règle est assez souple, mis à part le flash-ball et le filet à papillon, toutes les armes sont autorisées: l'appel du pied, la main tendue, le genou caressant ou bien encore la bouche en cœur, ça marche bien la bouche en cœur. En tout cas beaucoup mieux que le poing dans la figure, car ce jeu là n'est pas un jeu de force, non. Plutôt un jeu d'adresse et de patience à la fois. Et puis un très subtil jeu de la séduction. On le constate depuis dix jours. Lorsque l'un des pom-pom-boys de Nicolas dit au Bayrou: "allez, viens avec nous, tu auras des ministres", le soir c'est Ségolène elle-même qui lui dit: "allez, viens avec moi tu auras des ministres". Et 24 heures plus tard, voilà qu'un autre pom-pom-boys de Nicolas renchérit: "mais avec nous, des ministres, tu en auras beaucoup"...Franchement, à ce rythme là, le Bayrou n'a qu'à attendre. On ne sait jamais, la fille et le garçon pourraient lui proposer bientôt tout le gouvernement, plus l'Assemblée, plus le Sénat et puis en prime la Poste - c'est formidable la Poste, quand on est lettré. Sûr même que si le Bayrou continue à se faire désirer, Ségolène ira décrocher pour lui toutes les roses accrochées au plafond de son QG de campagne. Le bouquet serait joli. Parti comme c'est, Ségolène serait même sans doute capable de lui offrir en cadeau son poids en Chabichou - son poids électoral évidemment. Et il pèse lourd, en ce moment le Bayrou.Quant à Nicolas, franchement, il n'est pas impossible qu'il lui propose bientôt, je ne sais pas mais peut-être une compil de Doc Gynéco ou de Barbelivien ou d'Enrico Macias. Le Bayrou pourrait alors faire bouger son corps, au lieu de faire bouger les lignes. Ou alors, tient, qui sait, Nicolas pourrait lui donner, pourquoi pas, toute l'île de la Jatte... Après tout, ça lui ferait peut-être plaisir au Bayrou, d'habiter sur l'île de la Jatte. Avec en plus, allez, une ou bien deux télés... Je veux dire une ou deux chaînes de télé, ce serait peut-être encore mieux que la Poste... Mais arrêtons-là car tout ceci est sérieux: celui qui remporte la chasse au Bayrou a dans le même temps toutes les chances de remporter l'Elysée! C'est la règle et c'est évidemment pour ça qu'ils sont si motivés, nos concurrents. Et là j'ai comme une intuition...Vu la tournure que ça prend, d’ici dimanche prochain, je vous parie qu'il y en a un des deux qui va proposer au Bayrou de lui payer un nouveau tracteur.

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