Les Corses étaient appelés dimanche à élire les conseillers territoriaux de la collectivité unique née de la fusion de la région et des deux départements de l'île. Cette nouvelle structure verra le jour le 1er janvier 2018. Ses opposants parlent déjà d'une "usine à gaz".

Les électeurs corses votent le 3 décembre pour désigner les membres de la Collectivité territoriale unique (CTU)
Les électeurs corses votent le 3 décembre pour désigner les membres de la Collectivité territoriale unique (CTU) © AFP / STEPHANE FRANCES / ONLY FRANCE

Deux ans seulement après les régionales de décembre 2015, les électeurs corses sont appelés aux urnes pour élire les 3 et 10 décembre les membres de la Collectivité territoriale unique de Corse (CTU). Cette nouvelle assemblée territoriale qui verra le jour le 1er janvier 2018 fusionnera les actuels conseils départementaux corses (Corse-du-Sud et Haute-Corse) et l'ex-Collectivité territoriale de Corse (CTC). 

Lors du premier tour ce dimanche, deux résultats sont significatifs. Le premier, ce sont les 45,36 % des voix remportés par les nationalistes corses, le parti en faveur de l'indépendance de la région.

Le second, c'est l'abstention marquée : un électeur sur deux ne s'est pas déplacé ce dimanche, une participation encore plus faible est à prévoir lors du second tour et pose la question de la légitimité d'éventuelles démarches pour l'autonomie de la Corse.

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Une première en France métropolitaine

Réclamée depuis longtemps par les nationalistes notamment, la création de cette nouvelle collectivité n'a pas nécessité de révision constitutionnelle. Un amendement a simplement été intégré à la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) du 7 août 2015. 

En 2015, la Martinique et la Guyane ont connu une évolution institutionnelle similaire avec la création de deux nouvelles collectivités qui ont remplacé des Conseils départementaux et régionaux, mais il s'agit d'une première en France métropolitaine. 

Comme pour les autres scrutins régionaux, les conseillers seront élus à la proportionnelle avec prime majoritaire, la liste qui recueille le plus grand nombre de voix obtenant 18% des sièges à pourvoir (contre 25% sur le continent).  Au premier tour, seules les listes qui auront récolté plus de 7% des suffrages exprimés (au lieu de 10% sur le continent) pourront se présenter au second tour le 10 décembre

La nouvelle Assemblée de Corse comptera 63 élus, contre 51 actuellement et fonctionnera comme l'ancienne CTC : elle élira un conseil exécutif, responsable devant elle. Les conseillers auront notamment en charge la gestion du réseau routier, l’aménagement du territoire, le développement économique ou encore l’action sociale durant les trois prochaines années. 

Une future collectivité délicate à gérer?

Une mission qui s'annonce délicate. Sur le plan financier, le budget de la future collectivité devrait avoisiner 1,2 milliard d’euros, ce qui équivaut à la somme cumulée des budgets de la collectivité territoriale actuelle et des deux départements qui disparaissent. Mais il est déjà grevé par l’important volume de la dette, de l’ordre de 600 millions d’euros.

Il existe aussi des incertitudes concernant le statut des agents, les temps de travail ou encore les rémunérations, différentes entre les trois collectivités fusionnées. Comment harmoniser sans provoquer de conflits sociaux? La future assemblée aura six mois, à compter de la date de sa première installation, pour délibérer sur le régime indemnitaire et les conditions d'emploi de ses personnels.

Les adversaires de la réforme dénoncent une "usine à gaz" qui devrait employer près de 5 000 agents pour une population de 320 000 habitants. 

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