jean-pierre raffarin appelle à un cessez-le-feu à l’ump
jean-pierre raffarin appelle à un cessez-le-feu à l’ump © reuters

Le bureau politique du parti doit en principe entériner l'après-Copé et permettre de poser la première pierre du congrès extraordinaire, en octobre. Le triumvirat Juppé / Raffarin / Fillon doit prendre temporairement les rênes, sur fond (encore) de désaccords.

Quinze jours après la démission forcée de Jean-François Copé, emporté par l'affaire Bygmalion, le triumvirat doit théoriquement lui succéder à la tête du parti lors de cette nouvelle réunion de crise, prévue à 18h00. Mais les sarkozystes, confortés par un dernier baroud d'honneur des copéistes, entendent contester la validité de cette gouvernance inédite.

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Une gouvernance d'autant plus litigieuse et suspecte à leurs yeux qu'elle fédère aux côtés du "casque bleu" Jean-Pierre Raffarin les deux plus sérieux rivaux de Nicolas Sarkozy pour 2017 : Alain Juppé, champion des sondages d'opinion, et François Fillon, "plus déterminé que jamais à y aller" selon des proches.

Pour l'instant, copéistes et sarkozystes campent sur leurs positions. L'analyse de Carine Bécard

Les partisans de Nicolas Sarkozy, qui le pressent de prendre le parti pour imposer de facto sa candidature, craignent que les "pachas", ainsi que les nomme le sénateur UMP de la Vienne, ne prennent de vitesse l'ancien président en verrouillant les primaires d'investiture de 2016 pour la présidentielle.

Bataille de règlements

Jean-François Copé, dont la démission sera effective le 15 juin, a convié la constitutionnaliste Anne Levade, présidente de la Haute autorité de l'UMP, à la réunion de mardi pour veiller au "respect des règles juridiques" dans la période d'intérim précédant l'élection du nouveau président.

Des fidèles de Nicolas Sarkozy arguent que la direction du mouvement revient statutairement au vice-président délégué du parti, en l'occurrence Luc Chatel.

► ► ► À ÉCOUTER | D'autres espèrent déjà prendre la tête de l'UMP, comme Hervé Mariton le député de la Drôme. Il est l'invité de Clara Dupont-Monod ce mardi.

L'option qui se dessine est de confier les pouvoirs administratifs et juridiques à Luc Chatel, en appui des trois "Sages". Le bureau politique, qui compte une cinquantaine de membres, délibère à la majorité des suffrages exprimés.

Faire revenir ou bloquer Nicolas Sarkozy ?

"Sauver l'UMP d'une disparition désormais possible : voilà l'enjeu des prochaines semaines", a prévenu mardi François Fillon, qui a dénoncé avec vigueur les "turpitudes" passées.

Le sauveur, justement, c'est peut-être Nicolas Sarkozy, qui pourrait bien reprendre lui-même la présidence de l'UMP. "Dans une élection par les adhérents, il est imbattable", estime le politologue Thomas Guénolé. "On n'échappe pas à son destin", a lancé vendredi en Suisse, selon ATS, Nicolas Sarkozy, qui manie à dessein depuis deux ans l'ambiguïté sur ses intentions.

Mais d'aprèsl'historien Christian Delporte, spécialiste des "come back" en politique, l e retour annoncé de l'ex-président est une vraie menace pour l'unité du parti :

Il y a indéniablement un risque d'éclatement de l'UMP.

Deux scénarios s'affrontent dans les rangs des proches de l'ancien président et des politologues : un retour anticipé qui verrait Nicolas Sarkozy se lancer dans la course à la présidence de l'UMP avant les vacances d'été. Prendre le parti en octobre pourrait lui permettre d'escamoter la primaire, qu'il récuse, et d'imposer sa loi pour 2017.

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