[scald=82507:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Accélération du retrait d'Afghanistan, dissuasion nucléaire et maintien de la France dans la structure militaire de l'Otan : François Hollande se penchera pendant sa campagne sur les questions de défense, troisième budget de l'Etat, a annoncé le responsable du secteur dans son équipe, Jean-Yves Le Drian.

Appelées à être abordées de façon succincte lors de son premier grand discours de campagne du candidat socialiste le 22 janvier au Bourget (Seine-Saint-Denis), elles feront l'objet d'une allocution début mars à Paris devant un public spécialisé.

François Hollande se rendra entre-temps à l'Ile Longue, près de Brest (Finistère), site ultrasecret où sont basés les sous-marins nucléaires français. Le candidat rencontrera ce jour-là les dirigeants de DCNS, spécialisée dans l'armement naval.

Compagnon de route de François Hollande, qu'il connaît depuis trente ans, Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne, planche avec une quarantaine d'autres personnes sur le volet défense du programme du candidat socialiste.

Sur le dossier afghan, François Hollande a d'ores et déjà fait savoir qu'il accélérerait, une fois élu, le retrait prévu pour l'heure d'ici 2014 des quelque 3.800 soldats français.

"Il confirmera l'engagement de retrait une fois élu et les conditions seront décidées à Chicago", a dit à Reuters Jean-Yves Le Drian à propos du sommet de l'Otan des 20 et 21 mai aux Etats-Unis.

"Nous ne voulons pas être suivistes. La France dira ce qu'elle a envie de faire, souligne-t-il. Il faut échelonner le retrait dans la sécurité, d'abord de nos propres forces."

A ses yeux, un départ est d'autant plus souhaitable que la mission pour laquelle la France s'est engagée en 2001 avec le feu vert du Parlement, la lutte contre le terrorisme, "a été remplie".

"Le problème actuel, c'est le contre-insurrectionnel", ajoute l'ancien député et ancien secrétaire d'Etat, qui considère comme une "bonne chose" le traité d'amitié franco-afghan qui doit être signé fin janvier par les présidents Nicolas Sarkozy et Hamid Karzaï.

DISSUASION NUCLÉAIRE

Dans un texte publié fin 2011 dans le Nouvel observateur, François Hollande se prononce par ailleurs en faveur de la dissuasion nucléaire, expliquant que "dans un monde multipolaire et face à une menace multiforme, vouloir la paix ne saurait s'envisager par un désarmement unilatéral".

"Nous disposons de moyens proportionnés et suffisants, que j'entends maintenir", ajoutait-il.

La nouvelle donne créée par le "printemps arabe", les problèmes budgétaires liés à la crise et la nouvelle posture américaine qui en découle sont autant de questions que les socialistes doivent envisager dans la perspective d'un retour au pouvoir le 6 mai.

François Hollande compte encourager "l'Europe de la défense, que ce soit sur plan opérationnel ou industriel". "Rien n'a été fait depuis 2007. C'est une pierre dans le jardin de Nicolas Sarkozy", souligne Jean-Yves Le Drian.

Pas question selon lui de revenir sur la décision du président actuel de faire revenir la France dans le commandement intégré de l'Otan.

"On garde notre place. On ne l'aurait pas fait, mais on ne va pas tout défaire", dit l'élu, qui a refusé en 2007 une proposition de Nicolas Sarkozy d'entrer au gouvernement - ce que d'autres personnalités de gauche ont accepté, comme l'ami de François Hollande, Jean-Pierre Jouyet.

Les questions budgétaires feront l'objet d'un nouveau Livre blanc appelé à définir les nouvelles priorités.

"L'effort de rigueur, chacun doit y participer. La défense aussi, mais pas plus que les autres, dit-il. Il faut de l'équité dans la répartition."

Le parlement a adopté cet automne un budget de la Défense 2012 d'un montant de 31,5 milliards d'euros, amputé de 167 millions par rapport au projet initial au titre du plan d'économies supplémentaires décidé fin août par le gouvernement.

C'est le troisième budget de l'Etat français derrière l'Enseignement scolaire et la charge de la dette.

Edité par Yves Clarisse

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