[scald=86487:sdl_editor_representation]TOULON (Reuters) - François Hollande a réitéré mardi ses attaques contre le "monde de la finance" dont la démocratie doit selon lui triompher, reprenant ce qui est devenu son principal slogan de campagne.

Deux jours après son premier grand discours au Bourget, où il avait marqué les esprits en s'en prenant déjà à l'argent-roi, et à l'avant-veille de la présentation de son programme chiffré, le candidat socialiste à l'élection présidentielle était à Toulon, une terre où prospère le vote d'extrême droite.

Il a fustigé un "monde de la finance qui s'est octroyé toutes les possibilités de déstabiliser les Etats", référence notamment à la dégradation de la note de la dette souveraine française par l'agence Standard & Poor's, et qui s'est "toujours refugié dans les paradis fiscaux".

"Comment peut-on admettre que des banques en France puissent avoir des opérations dans les paradis fiscaux ?", a-t-il demandé. "Et bien, ce ne sera plus autorisé à partir du mois de mai. Les produits spéculatifs, qui n'ont aucun lien avec l'économie, seront aussi mis hors la loi."

François Hollande a réaffirmé que seule une "Europe solidaire" permettra de trouver une solution à la crise "face à la spéculation et face aux marchés", prônant une nouvelle fois la mise en place d'une "agence publique de notation" pour remplacer des "agences dont nul ne connaît la fiabilité".

"La démocratie doit être plus forte que les marchés, la politique plus ferme que les spéculateurs", a-t-il déclaré.

Sans citer une seule fois son probable futur adversaire, Nicolas Sarkozy, tout comme dimanche dernier, il a lancé des piques envers le chef de l'Etat, qui a présenté ses voeux mardi au monde de la culture.

"Pour faire des discours, nous n'avons pas besoin de présenter nos voeux", a raillé le candidat socialiste. "Nous contestons le bilan de celui qui va bientôt se présenter au suffrage du peuple. Nous ne le faisons pas pour l'accabler, parfois ce serait trop facile, nous le faisons parce que, dans une démocratie, c'est la règle."

"Il y aura un héritage qui sera lourd" et "surtout tant de problèmes à régler avec aussi peu de moyens et de ressources", a prédit celui qui entrevoit une "victoire accessible" le 6 mai.

Celui qui fait aujourd'hui la course en tête dans les sondages ne veut pourtant pas brûler les étapes.

"Aujourd'hui, les pronostics nous sont favorables, mais méfiez-vous", a-t-il lancé à la salle. "Rien ne sera facile, rien ne sera donné d'avance, rien ne peut-être prévu."

"Le choix est entre la gauche et la droite et entre nul autre", a-t-il ajouté.

Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse

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