Pour éviter que la maire socialiste d'Avignon, Cécile Helle, ne décroche la communauté d'agglomération, les élus du Rassemblement National n'ont présenté aucune candidature et soutenu hier celle du maire divers droite de Vedène, Joël Guin. Une alliance au plus près du terrain qui accélère la banalisation du RN.

Le centre d'Avignon
Le centre d'Avignon © AFP / DANIELE SCHNEIDER / PHOTONONSTOP / PHOTONONSTOP

"Si je ne vous en avais pas parlé, vous ne l'auriez même pas vu." L'ancien ministre, Thierry Mariani, compte braquer les projecteurs sur cette alliance inédite. "Ce qui est impossible avant les municipales devient beaucoup plus facile après", se réjouit-il auprès de France Inter. L'ex-député du Vaucluse dénonce "l'hypocrisie de cette droite, qui avant le second tour se maintient à Carpentras et Avignon pour éviter que le RN l'emporte, et vient derrière réclamer notre soutien". 

Que s'est il donc passé hier soir à Avignon ? Le maire divers droite de Vedène (11.000 hab), Joël Guin, a décroché la présidence de la communauté d'agglomération dès le premier tour. Il a réuni 39 voix, contre 29 pour la maire socialiste d'Avignon, Cécile Helle. Des voix venues autant de la droite que de l'extrême-droite. Si le RN avait présenté une candidature, Joël Guin aurait été battu par "la gauche sectaire"

Les maires RN de Morières-les-Avignon et du Pontet avaient donc précédemment noué un accord avec les élus divers droite. Le maire du Pontet, Joris Hébrard, a ainsi obtenu la deuxième vice-présidence du Grand Avignon, qui regroupe 16 communes. "Seul, on va vite, ensemble, on va plus fort", a déclaré hier le nouveau patron du Grand Avignon. "On ne construit pas une communauté en excluant certains de ses membres."

En 2014, déjà, la maire d'Avignon n'avait pas réussi à décrocher l'agglomération. La droite avait gardé la main. Le FN s'était aussi désisté mais son poids n'était alors pas déterminant. 

Les état-major LR et RN jurent de n'avoir rien suivi, rien commandé à distance. Chez LR, on est soulagé de voir que Joël Guin n'est pas encarté. Et dans l'entourage de Marine Le Pen, on minimise cette "union des droites", persuadé que ce n'est pas "LA solution" pour conquérir le pouvoir. "Au contraire, c'est un exemple", renchérit l'équipe de Louis Aliot, à Perpignan. "Nous essayons aussi de nouer cette alliance avec les élus divers droite et sans étiquette de l'agglomération". L'élection à la présidence de "Perpignan Méditerannée Métropole" se tiendra demain, samedi 11 juillet, et pour l'heure, personne ne dévoile ses cartes : Louis Aliot poursuit des négociations. 

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