le parti socialiste divisé à la rochelle
le parti socialiste divisé à la rochelle © reuters

Rassembler la gauche en vue des élections de 2014 : les belles intentions du Parti socialiste pour son université d'été peinent à masquer les disputes qui encombrent les couloirs d'une majorité divisée jusqu'au sein du gouvernement.

Si l'université de 2012 avait accompagné le début de quinquennat, déjà jugé décevant par une partie des troupes, celle de 2013 veut se projeter vers les élections municipales et européennes du printemps prochain.

De vendredi à dimanche à La Rochelle (Charente-Maritime), militants et sympathisants sont appelés à se montrer "mobilisé-e-s" par le slogan choisi par les instances du parti dirigé depuis octobre dernier par Harlem Désir.

"Nous avons besoin du rassemblement de toute la gauche", a déclaré ce dernier, tandis que le porte-parole du PS, David Assouline, insistait sur la nécessaire élaboration d'une réponse commune à la montée du Front national.

L'une des inconnues de la Rochelle sera d'ailleurs l'accueil réservé à Manuel Valls . Il fut chaleureux l'an dernier mais les récents propos du ministre de l'Intérieur sur la politique sécuritaire ont froissé certaines sensibilités de gauche. La lutte contre l'extrême droite ne saurait toutefois être un ciment suffisant pour la turbulente majorité, au terme d'un été marqué par la colère des Verts après l'éviction de Delphine Batho du ministère de l'Ecologie, la prise de position des instances du PS réclamant une réforme des retraites a minima et les rivalités entre Manuel Valls et sa collègue de la Justice Christiane Taubira.

Marc Fauvelle est à La Rochelle jusqu'à dimanche

Mélenchon vs Valls

La dernière attaque en date est venue du Parti de gauche , dont le leader Jean-Luc Mélenchon a accusé dans le Journal du dimanche François Hollande de pratiquer une politique de droite et l'ambitieux Manuel Valls de s'être laissé contaminer par les idées de la présidente du Front national, Marine Le Pen.

Rien que de très courant, minimise-t-on au PS, où l'on rappelle que le même Mélenchon avait critiqué l'an dernier à la même période et dans le même journal les 100 premiers jours du président socialiste. Pour Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche, les orientations du gouvernement actuel ne peuvent que diviser :

L'unité sur une politique de droite est une illusion, l'unité ne peut se faire que sur une base de gauche. Il y a de l'illusionnisme teinté de cynisme à proposer une unité de la gauche sur une politique économique et sociale de droite.

Aucun responsable du Parti de gauche n'est attendu à la Rochelle où se rendra en revanche le porte-parole du Parti communiste français, Olivier Dartigolles. Plutôt que le déjeuner prévu samedi dans le port charentais, ce dernier aurait, de loin, préféré un débat sur la réorientation d'un exécutif "dont la politique s'inscrit dans celle de Nicolas Sarkozy". "On ne veut pas l'échec du gouvernement mais il faut un changement de cap, une inflexion", réclame-t-il, précisant qu'il "n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre Jean-Luc Mélenchon et nous sur l'analyse de la situation, le diagnostic".

Où est la gauche ?

A la gauche du PS, la députée Marie-Noëlle Lienemann n'est pas moins vigilante :

De quelle unité parle-t-on ? Si c'est celle des forces de gauche, alors il faut des actes, avec la création d'un comité de liaison permanent des forces de gauche et écologistes.

L'université de La Rochelle
L'université de La Rochelle © Radio France

L'ancienne ministre voit dans la réforme des retraites qui pourrait déboucher sur un allongement de la durée de cotisation et une hausse de la CSG le risque de "fracasser la gauche". "D'ailleurs, si comme l'indique Pierre Moscovici dans sa copie sur la France de 2025 le plein emploi est possible, alors cette réforme est inutile et inopportune", argumente-t-elle.

Le sénateur Europe Ecologie-Les Verts Jean-Vincent Placé est annoncé à La Rochelle , de même que le président du Parti radical de gauche Jean-Michel Baylet. Autres voix attendues : celles de l'ancienne première secrétaire du PS, Martine Aubry, quasi muette depuis la victoire de son camp en mai 2012, et de la présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, qui s'exprimera lors de la séance inaugurale.

Côté gouvernement, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, sera sur place, de même que de nombreux ministres appelés à participer à des débats "sans tabou" sur des thèmes comme la sécurité, la politique migratoire et le protectionnisme.

François Hollande, qui a reçu à dîner fin juillet les chefs de la majorité, suivra de loin une université qu'il présida pendant plus d'une décennie en tant que premier secrétaire. Un temps envisagée, l'idée d'un meeting de soutien au chef de l'Etat autour de fidèles de la première heure a été abandonnée et remplacée par une réunion "de tous ceux qui se reconnaissent dans la majorité". "Il y a un soutien de l'ensemble des acteurs de La Rochelle à François Hollande, c'est une évidence et une fierté", croit savoir David Assouline.

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