[scald=27379:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La France adaptera "à la marge" son dispositif militaire en Afghanistan mais ne renoncera pas aux contacts avec la population civile malgré ses pertes, a dit vendredi le chef d'état-major des armées Edouard Guillaud.

Après la mort de six soldats français en deux jours à la mi-juillet, dont cinq avaient été tués dans un attentat-suicide, le gouvernement avait chargé le chef d'état-major de l'armée de terre d'une rapide mission d'évaluation du dispositif français en Afghanistan.

"La situation montre que nous avons simplement à faire des adaptations à la marge", a dit l'amiral Edouard Guillaud sur France Inter, ajoutant que "globalement, notre façon de travailler est saine".

L'amiral Guillaud a indiqué qu'il n'y aurait "absolument pas de changement de stratégie", notamment pour ce qui concerne les contacts avec la population civile.

"Une de nos grandes réussites en Surobi (district de la province afghane de Kapisa où l'armée française opère-NDLR) c'est d'être allé en permanence au contact avec les civils", a-t-il dit.

Cette politique a permis d'établir la confiance "d'abord avec nous, puis avec l'armée nationale afghane", ce qui permettra de transférer à celle-ci la responsabilité de la région à l'automne, a-t-il fait valoir.

RANÇON DU SUCCÈS ?

Le ministre de la Défense Gérard Longuet avait dit dès le lendemain de l'attentat suicide qui avait coûté la vie à cinq soldats français, que le repli des troupes sur les fortins, comme le fait l'armée américaine, n'était pas une solution.

Les autorités françaises estiment que le recours à des attentats kamikaze les taliban était le résultat des revers qu'ils enregistrent lors des affrontements directs avec l'armée française, et donc une sorte de rançon du succès.

La France, qui a perdu depuis l'intervention de 2001 70 hommes sur ce terrain d'opération, a annoncé un plan de retrait progressif de ses 4.000 soldats présents en Afghanistan d'ici à fin 2014, calqué sur celui de l'armée américaine.

L'opposition de gauche a réclamé un retrait plus rapide mais le gouvernement français estime qu'il s'agit d'une cause juste.

Interrogé sur la mort de trois civils Afghans tués cette semaine à bord d'une voiture par un militaire français dans la province de Kapisa, l'amiral Edouard Guillaud a déclaré qu'elle avait été précédée d'informations faisant état de la présence possible de véhicules piégés.

Le chef d'état-major a ajouté qu'une enquête avait été ouverte dont les conclusions lui seront remises dans les jours qui viennent, indiquant toutefois que, selon les premiers éléments, "des sommations ont été faites, des tirs ont été faits d'abord devant la voiture, puis dans le capot et à la fin directement sur la voiture" qui ne s'est pas arrêtée.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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