La France des 13 régions
La France des 13 régions © Radio France

CARTE - La nouvelle carte des régions a été adoptée cette nuit à l'Assemblée nationale. Elles ne sont plus que 13 désormais alors qu'elles étaient encore 15 au Sénat. La réforme entre en vigueur en 2016.

L'article premier du projet de loi de réforme territoriale, celui qui fixe à 13 régions, a été voté pendant la nuit après des débats qui tranchent toujours autant. Une soixantaine d'amendement a été examinée pendant la nuit mais aucun n'a été adopté.

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La nouvelle carte des régions
La nouvelle carte des régions © PHOTOPQR/SUD OUEST / PHOTOPQR/SUD OUEST

Dans l’Est, malgré l’opposition des élus alsaciens, l’Alsace sera bien mariée avec la Champagne-Ardennes et la Lorraine . Malgré l’opposition de Martine Aubry, mariage forcé également entre le Nord Pas-de-Calais et la Picardie .

Basse et Haute-Normandie fusionneront en revanche dans l’harmonie, comme la Bourgogne et la Franche-Comté . Auvergne et Rhônes-Alpes ne feront plus qu’un, de même que Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon . En remontant à l’Ouest, Poitou-Charentes, Aquitaine et Limousin sont également regroupés dans un grand ensemble qui jouxtera la nouvelle région Centre et Pays-de-Loire .

De leur côté, les Bretons n’ont pas réussi à reconstituer la Bretagne historique à cinq départements en raccrochant la Loire-Atlantique. La Bretagne reste donc avec quatre départements mais des discussions se poursuivent actuellement sur "le droit d’option". Un mécanisme est prévu pour permettre à un département de changer de région une fois que la nouvelle carte sera en vigueur et pourquoi pas permettre à la Loire-Atlantique de réintégrer la Bretagne.

Donner aux régions la "taille critique" nécessaire

La carte du gouvernement a été amendée, discutée, transformée dans un dialogue allé à son terme.

Ce sont les mots du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve qui défendu les choix de découpage au nom du besoin de donner aux régions la "taille critique" nécessaire pour avoir du poids face à d'autres régions européennes.

François De Rugy, coprésident du groupe EELV de l'Assemblée nationale est monté au front (Stéphane Leneuf)

Le secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale André Vallini a concédé qu' "aucune carte ne fera jamais l'unanimité " précisant que le projet n'avait pas pour but de "heurter ou gommer les identités locales."

Au printemps dernier, le gouvernement a présenté une première carte à 14 régions, "dessinée sur un coin de table à l'Élysée" par ses détracteurs. Cette carte a été supprimée par le Sénat en première lecture puis rétablie mais à 13 régions par l'Assemblée en juillet. En seconde lecture fin octobre, le Sénat a porté cette carte à 15 régions, mais les députés sont revenus en commission sur ces modifications la semaine dernière en fusionnant l'Alsace avec la Lorraine et Champagne-Ardennes, ainsi que le Languedoc-Roussillon avec Midi-Pyrénées.

Ne tuez pas l'Alsace!

Jean-Luc Reitzer, député UMP de la troisième circonscription du Haut-Rhin a brandi la menace du Front national aux élections régionales et cantonales pour tenter d'infléchir la décision du gouvernement :

Dans quelle société peut-on marier les gens contre leur gré?

Le député UMP du Bas-Rhin Laurent Furst était l'invité du journal de 13h de Claire Servajean. il s'est battu avec ses collègues alsaciens pour tenter de faire échouer la fusion avec la Lorraine et Champagne-Ardennes :

On se bat depuis dix ans pour un vrai projet : la fusion de nos deux départements en une région Alsace.

Du côté de la majorité, Bernard Roman, député socialistes a essayé de repousser de trois ans la fusion du Nord-Pas-de-Calais avec la Picardie, une décison contestée par la maire de Lille Martine Aubry.

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