Emmanuel Macron lors de la présentation de la nouvelle campagne contre les disriminations à l'embauche
Emmanuel Macron lors de la présentation de la nouvelle campagne contre les disriminations à l'embauche © MaxPPP

C’est une phrase de plus qui risque bien d’irriter encore au sein de la majorité : dans une interview accordée à Arte, le ministre de l’Economie affirme ne pas se reconnaître dans la gauche actuelle.

Sur le fond, il n’y a là rien de nouveau : Emmanuel Macron a déjà, à maintes reprises, expliqué qu’à ses yeux le clivage droite-gauche a perdu sa pertinence. Devant les caméras de la chaîne franco-allemande, le ministre réaffirme sa volonté de faire bouger les lignes : "Aujourd’hui la droite et la gauche sont en quelque sorte séparées par une ligne Maginot qui est devenue obsolète. A mes yeux le vrai clivage, dans notre pays comme dans beaucoup de sociétés européennes, il est entre les progressistes et les conservateurs. C’est ce clivage que je veux rebâtir maintenant et je ne veux pas attendre 2017 ".

Les autres membres du gouvernement, qui se sont quasiment tous exprimés cette semaine, pour appeler le locataire de Bercy à faire preuve d’esprit collectif restent pour l’instant discrets. L’entourage de François Hollande, lui, minimise l’importance de cette déclaration , assurant qu’elle ne fait qu’expliquer ce qu’est En Marche, le mouvement lancé par Emmanuel Macron au début du mois, à savoir un appel aux bonnes volontés de droite comme de gauche.

Une indépendance de plus en plus évidente

Pour le politologue Pascal Perrineau, la nouvelle sortie d’Emmanuel Macron aura quand mêmedes conséquences sur ses relations avec le chef de l’Etat : "le président de la République est certainement gêné par le positionnement d’indépendance de plus en plus évident du ministre de l’Economie qui commence à sortir de son dispositif pour envisager un avenir personnel dans la perspective où François Hollande ne pourrait pas se représenter à la prochaine élection présidentielle ".

On voit bien qu’un espace s’est ouvert et que Macron prend place de manière claire dans cet espace

Pascal Perrineau à propos de la "bulle d'opinion" Macron

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