[scald=34657:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - L'opposition de gauche française a rejeté samedi l'appel à l'unité nationale lancé par le Premier ministre François Fillon pour l'adoption de la "règle d'or" inscrivant dans la Constitution l'objectif d'équilibre des finances publiques.

Le Parti socialiste et les écologistes estiment que ce projet est un piège politique et un leurre concernant un gouvernement qui, à leurs yeux, a contribué à la crise des finances publiques en multipliant depuis 2007 les exemptions fiscales.

"François Fillon appelle à l'union nationale pour payer les factures de sa gabegie fiscale. Il est le chef d'un gouvernement et d'une majorité qui ont mis la France en faillite", écrit le premier secrétaire par intérim du PS, Harlem Désir.

"Depuis 2007, il a surtout fait l'union des plus riches pour se partager les cadeaux fiscaux. Au plus fort de la crise, les Français n'attendent pas du Premier ministre de publier des tribunes politiciennes, mais lui demandent un budget efficace et juste", ajoute-t-il.

Daniel Cohn-Bendit, député européen d'Europe écologie-Les Verts (EELV), a de son côté dénoncé la méthode de François Fillon.

"Il dit 'vous êtes des débiles mentaux, mais débiles mentaux, suivez-moi'. C'est une manière de faire de la politique qui est complètement à l'ouest", a-t-il dit à France 3.

La "règle d'or", que Nicolas Sarkozy a proposée au niveau européen, n'a aucune chance d'être adoptée sans l'appui du PS, indispensable pour obtenir la majorité parlementaire qualifiée requise pour une réforme de la Constitution.

Dans une tribune publiée dans le Figaro, François Fillon appelle "à l'unité et au sens des responsabilités de toutes les formations politiques".

"Un message d'unité nationale est encore la meilleure des réponses aux doutes des marchés et aux craintes des investisseurs", poursuit-il.

L'opposition lui répond en lui demandant de supprimer de suite des exemptions fiscales sur les heures supplémentaires, sur les hauts revenus, sur les restaurateurs ou dans certains domaines techniques comme les plus-values sur cession de filiales, ce qui amènerait, dit-elle, des milliards d'euros dans les caisses de l'Etat.

François Fillon entamera le 5 septembre des consultations avec les formations politiques pour vérifier si un consensus est possible sur l'adoption de la règle d'or budgétaire, qui a déjà été approuvée par l'Assemblée et le Sénat.

Le gouvernement doit également proposer fin août des hausses d'impôts par réduction de certaines "niches" et étudie actuellement le projet d'une taxation exceptionnelle de certains hauts revenus.

Thierry Lévêque, édité par Pierre Sérisier

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