Alors qu’Emmanuel Macron a implicitement exclu l'ISF du grand débat national, la France Insoumise et le Parti Communiste refont un trait union avec le PS, en acceptant de signer pour le référendum lancé par le Parti socialiste la semaine dernière sur une plateforme internet "Rétablissons l’ISF".

L'ISF va-t-il devenir un thème du grand débat national
L'ISF va-t-il devenir un thème du grand débat national © AFP / Lionel Bonaventure

Le compteur tourne : il ne manque plus qu’une cinquantaine de parlementaires pour parvenir au seuil des 185 qui permet de franchir la première étape du référendum d’initiative partagée lancé par le PS. Les socialistes conditionnent désormais leur participation au débat national à la mise en discussion de son rétablissement.

Jean-Luc Mélenchon a décidé mardi soir de mettre ses forces dans la bataille. Lui qui avait été accusé par Benoît Hamon d’avoir "quitté les rives de la gauche" joue ainsi l’union sur l’un sujets forts soulevés par les gilets jaunes : l'ISF que le président, dans sa lettre, a exclu du grand débat national.
Les communistes lui emboîtent le pas : leurs parlementaires vont tous signer, une décision prise unanimement mardi.

La gauche unie, c'est quasiment un scoop

Les mots d'Emmanuel Macron dans son adresse aux Français y ont été pour beaucoup. Pour Manon Aubry, tête de liste de la France Insoumise, "Quand on analyse la lettre, on voit que la question posée sur les impôts, par exemple, est uniquement de savoir s'il faut les baisser. À aucun moment n'est évoquée la question de la hausse des impôts des plus riches et du rétablissement de l'ISF. Donc il est très clair que le gouvernement a fermé la porte. Si nous participions à ce débat, tout en sachant que ses propositions ne seront pas reprises par le gouvernement, nous prendrions le risque d'alimenter ce dédain du politique lié au fait qu'on fait des promesses et qu'on ne le tiens pas."

Les socialistes avaient déjà conditionné leur participation au débat à cette question de l’ISF. Et après la sortie mardi du Président sur "ces gens en difficulté qui font bien et ceux qui déconnent", le ton a encore changé : "attitude infantile qui fait craindre le pire", dénonce un cadre du parti.

Même son de cloche du côté des hamonistes. "On ne va quand même pas jouer les canots de sauvetage d’un commandant qui passe son temps à saborder son vaisseau", dit en substance cette gauche, qui sait ce qu’elle a à perdre dans l’échec d’un débat qu’elle aurait cautionné.

Il faudra ensuite 4,5 millions de signatures pour qu’un tel référendum puisse voir le jour. Mais c’est la première fois qu’il est ainsi tenté depuis que Nicolas Sarkozy l’a inscrit à l’article 11 de la constitution.

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