[scald=109171:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La guerre entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se poursuit sans relâche à coups de propos cinglants avec pour enjeu la troisième position dans les sondages pour le premier tour de l'élection présidentielle.

Cet autre duel de la campagne, avec celui de Nicolas Sarkozy et François Hollande, s'est exacerbé depuis qu'un sondage BVA a placé la semaine dernière le candidat du Front de gauche devant la présidente du Front national (14% contre 13%).

Dans deux nouvelles enquêtes, Ipsos et Harris Interactive, Marine Le Pen conserve une longueur d'avance à 16%, mais Jean-Luc Mélenchon, crédité de 13%, est toujours sur une phase ascendante.

"La bataille qui m'excite, c'est de sortir le Front national de la scène", a répété l'ancien socialiste mardi lors d'un meeting à Lille, où il a fait une nouvelle démonstration de force en réunissant des milliers de sympathisants.

"C'est le sang qui l'excite", a répondu mercredi sur Canal+ Florian Philippot, le directeur stratégique de campagne de Marine Le Pen.

"C'est lui qui a un problème avec nous, puisque son obsession c'est de parler de Marine Le Pen et de l'injurier en permanence", a-t-il ajouté.

Marine Le Pen, que son adversaire a qualifié notamment de "chauve-souris" et de "semi-démente", parle désormais de "l'infâme Monsieur Mélenchon".

Les politologues estiment que ce duel n'a qu'un impact marginal sur les sondages, le leader du Front de gauche mordant surtout sur le candidat socialiste François Hollande et Marine Le Pen pâtissant de la remontée de Nicolas Sarkozy.

Le FN veut croire pour sa part que la "bulle" Mélenchon, qui dit incarner la "vraie gauche", ne sera qu'un feu de paille.

NOUVELLES FLÈCHES SUR L'AFFAIRE MERAH

Lundi, lors d'un déplacement dans le Pas-de-Calais, la présidente du FN a prédit que l'ancien socialiste ne ferait pas la moitié de ses voix au soir du 22 avril.

"L'électorat de M. Mélenchon, ce n'est pas la classe ouvrière, mais un électorat de 'bobos'", a-t-elle dit, forte de sa percée dans le monde ouvrier.

Le seul face-à-face entre les deux ennemis avait tourné court en février lors d'une émission quelque peu surréaliste sur France 2.

La dirigeante du FN avait refusé de parler directement à son adversaire, faisant mine de lire ses notes après l'avoir traité de "faux candidat" au service de François Hollande. Le leader du Front de gauche avait de son côté asséné des attaques dans le vide.

Lors de son meeting de Lille, Jean-Luc Mélenchon a accusé Marine Le Pen, qui a recentré son discours ces dernières semaines sur l'immigration et la sécurité, d'avoir voulu récupérer les tueries de Mohamed Merah à Toulouse et Montauban.

"Nous avons été les meilleurs gardiens de la fraternité. La France a remporté une immense victoire: le tueur en série n'est arrivé à rien, et les chacals du Front national non plus", a-t-il dit.

"Je ne me sers pas de l'affaire de Toulouse", a répondu Marine Le Pen sur France 2.

La présidente du FN a contre-attaqué en visant Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF et animateur du Front de gauche, qui a estimé sur RTL qu'on pouvait peut-être comprendre la détresse du père de Mohamed Merah, lequel veut porter plainte contre la France.

"Le masque tombe, j'attends d'ailleurs que Monsieur Mélenchon condamne avec la plus grande fermeté ces propos. Le masque tombe, l'extrême gauche est toujours du côté des criminels, des délinquants, et jamais du côté des victimes", a estimé Marine le Pen.

Gérard Bon, édité par Sophie Louet

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