Manuel Valls et Myriam El Khomri à l'Assemblée Nationale
Manuel Valls et Myriam El Khomri à l'Assemblée Nationale © MaxPPP

L'application de l'article 49 alinéa 3 a porté ses fruits : la motion de censure déposée par la droite contre le gouvernement n'a obtenu que 246 voix sur les 288 nécessaires. Un vote dans une ambiance particulièrement tendue au Palais Bourbon.

Il aura donc manqué 42 voix pour mettre en échec le passage en force du gouvernement et l'adoption, en première lecture, du projet de loi Travail. Parmi elles, peut-être celles des "frondeurs" qui ont tenté mercredi de déposer une motion de censure de gauchetout en annonçant qu'ils se refuseraient à voter celle de la droite , contrairement aux élus du Front de gauche. La pression en interne au Parti socialiste, qui menaçait d'exclusion tout élu un peu trop efficacement rebelle, n'y est sans doute pas pour rien.

Manuel Valls s'en est d'ailleurs pris à nouveau à ceux qui, dans les rangs de sa majorité, auraient des doutes sur sa politique, les accusant de préférer "le confort de l'opposition", les menant "dans une impasse" .

Jean-Christophe Cambadélis a d'ailleurs immédiatement saisi la Haute Autorité éthique du PS pour évoquer le cas des 24 députés socialistes signataires de la motion de censure déposée mercredi. Soulignant ainsi le double échec des "frondeurs", qui ont manqué l'occasion de rejeter le projet de loi tout en risquant d'être sanctionné pour avoir symboliquement tenté de le faire.

La croissante tentation de la motion

À droite, l'opposition était bien plus nette, entre les scènes de ses élus pendant l'intervention de Bruno Le Roux et le discours de leur représentant Christian Jacob, aussi peu tendre envers le projet lui-même que sur la division au sein de la majorité.

Demain, si ce texte venait à être adopté, ce sont de nouveaux freins, de nouveaux blocages à l'emploi dont vous porterez la responsabilité. Vous n'avez plus le pouvoir, vous n'en avez plus que l'apparence. Le bilan de François Hollande est accablant. La France est à la traîne sur tous les indicateurs. Elle est la très mauvaise élève de l'Europe.

Le président du groupe de gauche André Chassaigne (PC) s'est lui aussi emporté contre le projet de loi, et sur la méthode employée par le gouvernement pour le faire passer.

Malgré l'absence de majorité parlementaire et de soutien populaire, le gouvernement opte pour le passage en force alors que la sagesse politique aurait dû le conduire à retirer un texte rejeté de toute part.

Le 19 février 2015, une motion de censure de l'opposition déposée lors de l'examen de la loi Macron avait obtenu 234 voix, y compris celles d'élus du Front de gauche. Soit 12 de moins que pour le vote ce jeudi sur la loi Travail, la quatrième utilisation du 49-3 en deux ans. Il en reste encore un avant la fin du quinquennat.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.