Ce devait être une rentrée bienveillante, accompagnant un acte II du quinquennat qui se veut plus apaisé, plus à l'écoute. La première université d'été de LREM devait être l'occasion de resserrer les rangs. Mais deux députées annoncent ce lundi leur départ en raison de désaccords majeurs

Albane Gaillot (à gauche) et Michèle Crouzet (à droite)
Albane Gaillot (à gauche) et Michèle Crouzet (à droite) © AFP / Charly Tribailleau / Thomas Samson

Elles ne sont pas les ténors d'une majorité qui en compte assez peu, d'ailleurs. Michèle Crouzet et Albane Gaillot ont annoncé lundi leur départ en raison de désaccords majeurs. 

Michèle Crouzet est députée de l'Yonne. Les tambouilles municipales à Sens l'ont ulcérée. Elle était candidate mais sa concurrente, Claude Vivier-le-Got, a été choisie en dépit de deux condamnations dont une pour un compte de campagne non conforme. En terme d'exemplarité et de moralité, on a vu mieux, considère l'élue. 

Dans le cas d'Albane Gaillot, députée du Val-de-Marne, ce sont des désaccords profonds sur la ligne du parti. Elle s'est abstenue sur la loi anti-casseurs, la trouvant par certains aspects dangereuse pour les libertés publiques. Elle dit avoir exprimé ses doutes, sans avoir été écoutée. Il a en été de même sur la ratification du CETA. Devant la surdité du parti, elle a voté contre. Et en rétorsion, a été écartée de la commission bioéthique, comme elle l'écrit dans une lettre publique. "Je ne peux davantage imaginer la suite du mandat qui m'est confié sans réelle liberté d'expression et de vote", conclut-elle.

Laisser s'exprimer les courants au sein d'En Marche ?

Il ne faut toutefois pas surjouer ces départs, estime un député de la majorité, estimant néanmoins que le parti gagnerait à laisser s'exprimer des courants ou des motions en son sein. Certes, ça fait très "PS ancien monde" mais quand les courants fonctionnent, on lave son linge sale en famille.

Aurélien Taché, député du Val d'Oise prône lui depuis longtemps "des scrutins de listes pour des comités politiques afin que l'on puisse faire vivre le débat de fond et que chacun puisse exprimer sa sensibilité". Il rappelle qu'un quart des électeurs d'Emmanuel Macron en 2017 sont retournés voter pour les écologistes ou la gauche aux dernières européennes. Et cette majorité pourrait encore se fracturer, à sa droite cette fois, avec l'arrivée des débats sur l'immigration et sur la bioéthique.

L'exclusion de la député Agnès Thill, farouchement hostile à la PMA, n'a pas soldé tous les débats sur la question. Et le président de la République a bien noté que sur le CETA, 59 députés de son parti s'étaient abstenus. Après les accusations de godillots de la part de l'opposition, à quand les moqueries sur les courants et les nouveaux éléphants ?

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