Pendant deux ans, entre 2016 et 2018, les exilés qui arrivaient à Paris étaient accueillis sous une grande bulle. Ils étaient ensuite orientés en fonction de leur situation. Pour Dominique Versini, maire adjointe à la mairie de Paris pour l'accueil des réfugiés, il faut remettre en place ce dispositif.

Dominque Versini est adjointe à la mairie de Paris chargée des solidarités, de la lutte contre l'exclusion, de l'accueil des réfugiés et de la protection de l'enfance.
Dominque Versini est adjointe à la mairie de Paris chargée des solidarités, de la lutte contre l'exclusion, de l'accueil des réfugiés et de la protection de l'enfance. © AFP / Joël Saget

A partir de novembre 2016 et pendant 18 mois, les migrants qui arrivaient en France étaient reçus dans un centre d'accueil situé au nord de Paris et appelé "la bulle".  Cette bulle a été fermée en 2018 pour laisser place aux travaux du campus Condorcet dédié à la recherche. La mairie de Paris qui était à l'origine de ce centre d'accueil, appelle à la remise en place de cette bulle, par la voix de Dominique Versini. "Je ne suis pas fière de ce que la France fait en ce moment. Il faut un accueil", dit-elle à France Inter.

FRANCE INTER : Pourquoi demander à l'État de remettre en place un centre d'accueil humanitaire au Nord de Paris ? 

DOMINIQUE VERSINI : "Le modèle qu'on avait mis en place Porte de la Chapelle, un centre d'accueil humanitaire, c'est le modèle qu'il faut remettre en place. On l'avait proposé, le gouvernement actuel l'avait refusé. On a créé un centre humanitaire, pas parce qu'on s'est réveillé un matin comme ça, mais parce que je suis allée en Allemagne. Ils ont réussi à gérer un million de personnes sans qu'il n'y ait jamais de campement. Nous, c'est bien moins et il y a des campements en permanence.  

Pendant 18 mois, les réfugiés étaient reçus au nord de Paris dans un centre d'accueil appelé "la bulle"
Pendant 18 mois, les réfugiés étaient reçus au nord de Paris dans un centre d'accueil appelé "la bulle" © Maxppp / Le Pictori / Jan Schmidt-Whitley

Ceux qui n'ont pas pu être pris aujourd'hui, ils vont se réfugier Porte de la Villette et ainsi de suite. On est en train de faire le tour de toutes le portes de Paris. L'État ne veut pas attirer trop de gens en France mais les gens arrivent quand même. Je ne suis pas fière de ce que la France fait en ce moment. Il faut un accueil. Il y a une non-volonté d'organiser un accueil pour ces personnes et d'examiner dans de bonnes conditions leur situation et ensuite de leur dire de quel dispositif ils ressortent."  

Il manque 70 000 places d'accueil en France pour les demandeurs d'asile

Pourquoi, selon vous, le gouvernement doit-il revoir sa politique d'accueil ? 

"Il y a un rapport qui a été fait par Pascal Brice, l'ancien directeur général de l'OFPRA, qui va dans ce sens. Il manque 70 000 places d'accueil en France pour les demandeurs d'asile. Dans les campements que l'on voit, il y a beaucoup de gens qui sont demandeurs d'asile. Ils sont donc protégés par la Convention de Genève sur les réfugiés que la France a signé. C'est pour cette raison que c'est de la responsabilité de l'État. 

Il y a environ 15 à 20% de gens qui ont le statut de réfugiés, des réfugiés politiques, et ils vivent dans des conditions comme ça ! Ça veut dire que la France n'est pas capable de leur offrir un accueil digne, après tout ce qu'ils ont vécu dans leur pays. Il faut un accueil de ces personnes. Il faut arrêter de les laisser moisir dans des campements totalement insalubres où ils se font attaquer par les rats."  

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