[scald=62461:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - "Bien fait" pour les uns, "regrettable" pour d'autres : la majorité s'est divisée mercredi sur les suites à donner à l'attaque de François Baroin contre le Parti socialiste, accusé de victoire par "effraction" en 1997.

Le ministre de l'Economie et des Finances a provoqué les virulentes protestations des députés socialistes, mardi lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée, en affirmant que l'opposition de gauche avait remporté les élections législatives anticipées de 1997 par "effraction", sous la présidence de Jacques Chirac.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a déclaré mercredi matin sur Europe 1 que François Baroin devait présenter ses excuses après "une bêtise".

Le ministre de la Défense Gérard Longuet est de cet avis.

"Oui, ça se fait, ça se fait", a-t-il commenté sur Canal+.

"Le mot le plus juste aurait été en 1997 dans 'l'improvisation totale'", a-t-il déclaré. "C'était sans doute l'esprit de la communication de François. Le mot n'est pas le plus pertinent, ils ont été élus en 1997 sans préparation".

Le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, "n'adhère" pas, lui non plus, à la sémantique de François Baroin.

"François Baroin est quelqu'un de très équilibré, pour qui j'ai beaucoup de respect, un bon ministre de l'Economie et des Finances. En même temps, je dirais que je n'adhère pas à l'"effraction'", a-t-il dit sur France 2.

"Nous sommes dans une démocratie, il y a eu des bulletins dans l'urne, la gauche a gagné, ça n'était pas une effraction", a-t-il ajouté.

CHATEL FUSTIGE LA "COMEDIE" DU PS

L'ancien ministre UMP de la Relance, Patrick Devedjian, considère que le mot de François Baroin est "regrettable". "La victoire de la gauche en 1997, elle est légitime".

"S'il y a eu effraction, c'est dans la dissolution d'une majorité contre elle-même, une sorte d'effraction morale", a-t-il ajouté sur i-télé, à propos de la décision de Jacques Chirac qui avait provoqué la tenue des élections anticipées de 1997.

Les critiques sont toutefois minoritaires au sein de la majorité.

Ainsi, le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, juge que "François Baroin a bien fait".

"Personne n'est dupe de la comédie qui a été surjouée hier à l'Assemblée par les socialistes. C'est une manouvre de diversion pour éviter le débat d'idées", a-t-il commenté sur Europe 1.

Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a été contraint mardi de lever la séance en raison des protestations des élus socialistes.

"Je n'ai pas vu M. Emmanuelli s'excuser après le bras d'honneur qu'il avait fait à l'Assemblée nationale. Je n'ai pas vu Martine Aubry s'excuser lorsqu'elle disait que le président de la République, Nicolas Sarkozy, faisait honte à la France", a-t-il souligné.

La ministre de l'Apprentissage, Nadine Morano, est sur la même ligne.

"Il y aurait beaucoup d'excuses à présenter quand on voit les gestes de M. Emmanuelli - le doigt d'honneur -, les bras d'honneur, et les mots sans doute que vous n'entendez pas mais que nous, nous entendons parfaitement à nos oreilles, qui sont des mots souvent d'une grande vulgarité", a-t-elle dit sur i-télé.

"UN DÉMOCRATE VISCÉRAL"

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a défendu son collègue de Bercy sur le même thème.

"Evidemment, François Baroin n'a pas voulu mettre en cause la légitimité de l'élection de la gauche en 1997. Chacun le connaît, c'est un démocrate viscéral, je dirais, profondément respectueux des personnes de surcroît", a-t-il expliqué sur France Inter.

"La gauche a moins de scrupules quand elle insulte les membres du gouvernement ou ses collègues de droite à l'Assemblée, dans le même hémicycle", a-t-il affirmé.

Alain Juppé a convenu sur RFI que "l'Assemblée nationale et les questions d'actualité sont assez propices à l'échauffement des esprits, à ce genre de dérapage".

"C'est vrai que cette formule est très certainement inadaptée, mais je trouve que tout le battage qu'on fait autour est un peu exagéré, et c'est l'occasion pour le Parti socialiste d'éviter de répondre aux vraies questions qu'on lui pose", a ajouté le ministre des Affaires étrangères.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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