[scald=220005:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Au plus bas dans les sondages, François Hollande cherche une réponse aux inquiétudes des Français sourds à sa méthode de concertation et de proximité, au point de donner des idées de retour à son adversaire de la présidentielle, Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat devrait s'exprimer devant les Français d'ici la fin mars sous une forme qui reste à déterminer afin d'expliquer une action que les Français qui l'ont élu il y a dix mois désapprouvent aujourd'hui à une forte majorité.

"Il le fera à un moment où cela s'impose, on est à la recherche du bon timing", glisse-t-on dans son entourage.

La dernière conférence de presse du président, qui avait promis de s'exprimer de la sorte tous les six mois environ, remonte au 13 novembre 2012.

Depuis lors, le chef de l'Etat s'exprime régulièrement sur le terrain, comme il l'a fait sur le thème de l'emploi lundi à Blois. Il sera en début de semaine prochaine à Dijon pour une visite de 48 heures où il devrait à nouveau illustrer ses priorités que sont la lutte contre le chômage et la jeunesse.

A chaque sortie, le président cherche le contact, passant dix heures au Salon de l'agriculture, prenant le temps d'un petit bain de foule ou de longs échanges avec des apprentis dans le Loir-et-Cher.

ATMOSPHÈRE ALOURDIE PAR LE MALI

Mais malgré cette volonté marquée d'écoute et de préservation de la cohésion sociale, la greffe ne prend pas.

Le discours du président, seul acteur de sa communication, n'est plus audible dans un contexte économique très dégradé, comme en témoignent les dernières données sur le chômage, la consommation ou le moral des Français.

Une atmosphère encore alourdie par les nouvelles en provenance du Mali, où un quatrième soldat français est tombé mercredi, alors que grandit l'inquiétude pour les otages.

La cote de popularité du président et celle du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, sont tombées à leur plus bas, sous la barre des 30% de satisfaits dans certains sondages.

Mardi, dans les rues de Paris, certains slogans étaient cruels pour l'exécutif: "Ayraultllande trahissent le peuple", "M. Sarkozy rêvait de le faire... M. Hollande l'applique" pouvait-on lire sur les pancartes de manifestants hostiles à un accord sur la sécurisation de l'emploi jugé "scélérat".

A l'image de Jean-Marc Ayrault, l'exécutif veut voir dans ces expressions plus d'inquiétude que de colère.

"Beaucoup (de Français) sont inquiets aujourd'hui, voient fleurir les plans sociaux, la disparition de l'activité économique et se demandent si un jour ça s'arrêtera", a-t-il déclaré après le conseil des ministres.

Alors que l'impatience grandit jusqu'au sein du PS, le Premier ministre en a appelé au sens de "la responsabilité des parlementaires" majoritaires à l'Assemblée nationale.

"Les députés socialistes sont conscients de la portée historique de ce qui a été engagé dans notre pays", a-t-il dit, défendant une fois de plus le dialogue prôné par le gouvernement pour élaborer et faire accepter les indispensables réformes.

SARKOZY PARLE

"On ne peut pas réformer le pays uniquement par conflit, par affrontement", a insisté Jean-Marc Ayrault. On peut le faire aussi en recherchant des accords, des négociations, c'est la voie du gouvernement".

Une voie qui mène le pays droit dans le mur, estime Nicolas Sarkozy, qui sort d'un long silence dans un entretien à Valeurs actuelles.

En dehors d'un communiqué sur la Syrie l'été dernier, l'ex-président est resté discret depuis sa défaite du 6 mai 2012. Pour son retour, le ton est alarmiste.

"On va au-devant d'événements graves. Il y aura une crise sociale. Puis on va se prendre une crise financière d'une violence rare et ça finira par des troubles politiques", prédit-il.

Des propos accueillis avec ironie par l'équipe au pouvoir, qui a fustigé les "erreurs" du précédent quinquennat.

En attendant qu'une lumière apparaisse au bout du tunnel, la porte-parole du gouvernement propose "de continuer avec constance à marteler ce que nous faisons depuis des mois : on ne réforme pas un pays, on ne fait revenir l'emploi et la croissance du jour au lendemain, c'est un travail acharné, de longue haleine, qui va finir par apporter des résultats, nous en sommes persuadés".

Interrogée sur les rumeurs de remaniement qui courent actuellement, Najat Vallaud-Belkacem a répondu: "Elles ont dû galoper tellement vite que je ne les ai pas vues passer".

Edité par Yves Clarisse

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