[scald=101495:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Plus de la moitié des bovins, ovins et caprins tués en France le sont suivant un mode d'abattage "rituel", halal ou casher, indique un rapport du ministère de l'Agriculture de novembre 2011 dont Le Point.fr publie des extraits.

Cet audit de 54 pages du Conseil général de l'alimentation a été rédigé par une dizaine d'experts et hauts fonctionnaires du ministère de l'Agriculture chargés de se pencher sur la protection animale, précise le magazine.

Alors que la demande en viande halal ou casher "devrait correspondre à environ 10% des abattages", le volume d'abattage rituel "atteint 40% des abattages totaux pour les bovins et près de 60% pour les ovins", dit ce document.

La question de l'abattage rituel a pris une place croissante dans la campagne présidentielle en France depuis que la présidente du Front national, Marine Le Pen, a affirmé en février que presque toute la viande distribuée en Ile-de-France était halal.

Elle a ensuite corrigé le tir, précisant que tous les animaux abattus l'étaient selon le rituel halal, ce qui signifie notamment que les animaux sont saignés alors qu'ils sont encore conscients.

Le week-end dernier, Nicolas Sarkozy s'est dit favorable à l'étiquetage de la viande en fonction de la méthode d'abattage et son Premier ministre, François Fillon, a suggéré lundi aux religions de revenir sur leurs "traditions ancestrales". d'abattage rituel.

Ces critiques ont suscité de vives réactions des responsables juifs et musulmans.

RISQUES SANITAIRES ?

Le rapport semble montrer une réalité bien différente des chiffres annoncés par le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, affirmant en février que seulement 14% de la viande était concernée par l'abattage rituel.

Dans l'espace de mise à mort des abattoirs, tous les animaux sont saignés vivants et pour que la viande soit consommable et puisse être conservée il est indispensable qu'au moment où la bête se vide de son sang le coeur batte encore.

D'où la solution trouvée d'étourdir le bétail avant la mise à mort, une pratique obligatoire en France depuis un demi-siècle.

Pour continuer à pratiquer la saignée traditionnelle, sans étourdissement préalable, musulmans et juifs ont obtenu une dérogation. "Mais, progressivement, ce qui devait rester une exception est devenu la règle", écrit Le Point.fr.

Lors de l'égorgement, l'oesophage de l'animal est tranché et le contenu de ses intestins aurait plus de risques de souiller la viande, notamment les quartiers avant, ceux qui servent à fabriquer les steaks hachés.

Depuis la fin des années 90, plusieurs organismes officiels ont tiré le signal d'alarme sur un danger de contamination par Escherichia coli, une bactérie responsable d'insuffisances rénales chez les enfants, ajoute l'hebdomadaire. En outre, le stress ressenti par l'animal au moment de l'abattage provoque la sécrétion de toxines.

Les Français auraient dans l'assiette plus de viande halal qu'ils ne le réclament par des intérêts économiques, l'abattage rituel entraînant en théorie un important manque à gagner.

Ainsi, dans le rite casher, on ne consommerait que l'avant du bétail jusqu'à la huitième côte. Il arrive aussi fréquemment qu'après inspection de la carcasse par le rabbin, celle-ci soit refusée.

"Tout le reste, considéré comme 'religieusement impropre', est aussitôt remis dans le circuit traditionnel par l'abattoir, qui ne veut pas rester avec des invendus sur les bras", écrit Le Point.fr

Gérard Bon, édité par Gilles Trequesser

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