Pierre Lagaillarde (à gauche) et des figures de l'OAS
Pierre Lagaillarde (à gauche) et des figures de l'OAS © MaxPPP

Pierre Lagaillarde est mort dimanche à Auch dans le Gers. Cet ancien avocat était âgé de 83 ans. Pour toute une génération de l'après-Guerre, il reste surtout associé à l'OAS (organisation de l'armée secrète), contre l'indépendance de l'Algérie. Lagaillarde se fait remarquer en janvier 1960 pour être l'un des principaux dirigeants de l'insurrection armée ou "semaine des barricades" à Alger.

Ce mouvement est animé notamment par des militaires opposés à la politique du général de Gaulle. Le chef de l'Etat souhaite alors mener l'Algérie vers son autodétermination et son indépendance. Ce fils d'avocats français, établis à Blida est précédemment monté à l'assaut du gouvernement général d'Alger, lors du putsch du 13 mai 1958. Quelques mois plus tard, cet ancien parachutiste est élu député d'Alger sur un programme "Algérie française".

Condamné puis grâcié par De Gaulle

Les insurgés vont se rendre et Lagaillarde est alors incarcéré pendant neuf mois à Paris. Il est ensuite libéré et se réfugie en Espagne en décembre 1960. Il est alors condamné à dix ans de détention en mars 1961. C'est cette année qu'est fondée en Espagne l'OAS. Le but de cette organisation de l'armée secrète est d'empêcher par les armes l'indépendance de l'Algérie qui semble électuable. Le pays gagne, en effet, son indépendance en mars 1961. Pierre Lagaillarde est gracié par le président de la République en 1968. Il rentre en France et s'établit à Auch où il reprend son métier d'avocat. L'historien Benjamin Stora évoque ce que représente aujourd'hui encore la figure de Pierre Lagaillarde pour l'extrême droite française :

Ce qui caractérisait surtout Pierre Lagaillarde c'était le rattachement, l'attachement de l'Algérie à la France. C'est le nationalisme politique puisqu'il estimait que le général de Gaulle avait trahi la cause de l'Algérie française. (...) Pour une certaine frange de l'extrême droite politique française, la figure de Pierre Lagaillarde a longtemps était reconnue, encensée, célébrée, bien entendu. Bien que lui même ait une existence discrète. Néammoins, comme d'autres figures (...) toute une fraction de l'extrême droite politique française a voulu et continue de célébrer ce combat pour l'Algérie française. C'est donc avec sa disparition une partie importante de cette mémoire liée à une phase tragique de cette histoire française qui s'en va.

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