L'accord de Nouméa, signé en 1998, prévoit un référendum d'autodétermination en novembre 2018 au plus tard. Un processus pleinement accompagné par l'État.

Vue aérienne de la Nouvelle-Calédonie
Vue aérienne de la Nouvelle-Calédonie © Maxppp / Julien Chauvet

On pourrait presque dire que le processus pouvant (ou non) déboucher sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie se veut l'exact inverse du référendum organisé le 1er octobre en Catalogne. Côté espagnol, le vote avait été jugé illégal et largement entravé par le pouvoir central. Côté français, il est prévu depuis 1998 et organisé de manière concertée, notamment lors du Comité des signataires de l'accord de Nouméa qui se tient ce jeudi à Matignon.

"Il faut que le scrutin soit sincère, transparent, surveillé. C'est une des données essentielles de sa bonne organisation", a ainsi expliqué Edouard Philippe face aux députés ce mercredi. Il souhaite également que "l'ensemble des forces politiques présentes en Nouvelle Calédonie puissent s'entendre sur le sens de la question à poser", afin de ne pas aboutir à un scrutin dont la forme même serait contestée. Comme l'était le cas du référendum catalan, et comme l'est pour l'instant le vote régional prévu le 21 décembre

Qui vote : un premier obstacle

La réunion du jour aura d'abord à trancher différentes questions d'organisation : présence d'observateurs de l'ONU, mise en place de bureaux décentralisés ou prolongation du délai légal d'inscription sur les listes électorales au-delà du 31 décembre 2017. Il faudra aussi se prononcer sur une différence de statut entre les natifs et les autres.

Et sur ce point, l'entente entre métropole et indépendantistes n'est pas si cordiale. Ces derniers ne veulent pas revenir sur "l'équilibre trouvé en 1998", qui prévoit que les Kanak, ayant un statut civil coutumier, soient inscrits d'office sur la liste référendaire. Ceux qui sont contre l'indépendance (principalement des Européens) estiment qu'il s'agit à l'inverse d'un déséquilibre, puisqu'eux devront démontrer que leurs intérêts matériels et moraux se situent bien en Nouvelle-Calédonie.

Edouard Philippe et Emmanuel Macron doivent successivement se rendre sur place dans les prochains mois pour accompagner la mise en place du référendum.

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