L'archipel, pour l'instant collectivité territoriale française, votera le 4 novembre dans le cadre d'un référendum pour déterminer si elle est majoritairement pour ou contre son indépendance. Un processus qui se prépare jusqu'ici en bonne intelligence avec la métropole.

Michel Rocard (debout à droite), alors Premier ministre, lors de la signature de l'accord sur l'avenir de la Nouvelle Calédonie en 1988
Michel Rocard (debout à droite), alors Premier ministre, lors de la signature de l'accord sur l'avenir de la Nouvelle Calédonie en 1988 © AFP / Jean-Loup Gautreau

C'était il y a plus de 20 ans, le 5 mai 1998 : la signature d'un accord avec Paris, à Nouméa, par le Premier ministre Lionel Jospin. suite directe des accords de Matignon dix ans auparavant, sous l'égide cette fois de Michel Rocard. Il prévoyait le transfert progressif de compétences de la France vers la Nouvelle-Calédonie, dans de nombreux domaines, et prévoit toujours un vote d'autodétermination. La date paraissait alors lointaine, elle est désormais toute proche : le 4 novembre 2018.

Depuis l'adoption d'une loi organique en mars dernier, prévoyant l'organisation concrète de ce référendum, les choses se sont mises en place progressivement. Ce 31 août, la liste électorale définitive a ainsi été publiée dans les mairies : elle compte 175.000 électeurs habilités à voter pour ou contre l'indépendance (sur les plus de 210.000 électeurs habituels pour les élections traditionnelles).

Le corps électoral était un enjeu majeur, et a fait l'objet d'un compromis qui a satisfait presque tout le monde, à l'exception des indépendantistes radicaux du parti Travailliste, qui appelle à boycotter le scrutin. On y trouve l'ensemble des électeurs Kanak, et les non Kanak résidant dans l'archipel depuis le 31 décembre 1993 (sans interruption).

Une indépendance à voter et à concrétiser

La commission de contrôle du référendum est en ce moment en mission sur place, pour veiller à la future régularité du scrutin. Ce dernier sera surveillé par 250 délégués déployés dans les bureaux de vote, mais aussi par une quinzaine d'observateurs de l'ONU.

Si le vote devait aboutir à une victoire du oui à l'indépendance, l'archipel serait confronté à un certain nombre de questions à régler pour s'affranchir de la France dans de bonnes conditions. D'un point de vue économique par exemple, l'autonomie est considérée en progression par le groupe de dialogue mis en place cette année par Édouard Philippe. Les dotations de l'État français représentent par exemple encore 30% des dépenses publiques, notamment dans le logement social et l'éducation (hors financement des compétences régaliennes).

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